Des membres des forces spéciales égyptiennes ont été déployés dans le musée du Caire. Le musée dédié aux antiquités égyptiennes a été cambriolé fin janvier, au moment où de violents affrontements opposaient les forces de l’ordre et les manifestants contre l’ancien président Hosni Moubarak sur la place Tahrir toute proche. Amr Abdallah Dalsh/Reuters
Les Frères musulmans, le plus influent mouvement d'opposition, ont assuré de leur côté qu'ils ne chercheraient pas à avoir la majorité dans le prochain Parlement et ne présenteraient pas de candidats dans toutes les circonscriptions. « Nous ne cherchons pas à avoir la majorité parlementaire. C'est un message à tous les partis », a déclaré Essam el-Erian, membre du bureau politique de la confrérie islamiste.
Les Frères musulmans, les Ikhwans, sont le mouvement le plus organisé au sein de l'opposition. Et certains chefs de l'opposition démocratique, laminée sous le régime de Moubarak, redoutent que la volonté de l'armée de tenir rapidement des élections ne leur laisse pas assez de temps pour s'organiser et favorise les Frères musulmans.
Interrogés sur cette confrérie, des responsables américains du renseignement ont estimé que les Frères musulmans ne constituaient pas une organisation « monolithique », jugeant floues leurs positions sur l'évolution politique du pays et des sujets cruciaux, tels que paix le traité de paix israélo-égyptien ou encore les efforts pour empêcher le trafic d'armes à destination de Gaza depuis la frontière égyptienne. Du côté des militaires, le plus haut gradé américain, l'amiral Michael Mullen, a affirmé hier devant le Congrès où les républicains se battent pour imposer des économies budgétaires, que réduire l'aide militaire américaine à des pays comme l'Égypte (1,3 milliard de dollars par an) serait « inconscient ».
Parallèlement, les mouvements de grève se sont poursuivis, hier en Égypte, et ce malgré les appels de l'armée à une reprise du travail. Les grèves affectent le secteur bancaire, la grande usine textile de Mhalla el-Koubra, l'aéroport du Caire, le secteur métallurgique, mais aussi des professions aussi variées que la police et les guides touristiques. Des arrêts de travail et des rassemblements ont été signalés dans le delta du Nil, les villes le long du canal de Suez, au Caire et dans la deuxième ville du pays, Alexandrie (Nord). Les employés en grève réclament des hausses de salaires et de meilleures conditions de travail.
Nombre des conflits sociaux ont débuté ces derniers jours, dans le sillage de la révolte qui a chassé Hosni Moubarak du pouvoir après trois décennies de règne, et fait 365 morts et 5 500 blessées en 18 jours (25 janvier-11 février) selon un bilan publié hier par le ministère de la Santé.
Mardi, l'armée avait mis en garde contre les conséquences « désastreuses » de nouveaux mouvements sociaux. Elle s'est dit « consciente » des problèmes sociaux et économiques tout en soulignant qu'ils « ne pouvaient être résolus avant la fin des grèves et des sit-in ».
Cette situation sociale difficile s'ajoute à la crise du tourisme, au point mort depuis des semaines alors que cette période de l'année correspond à la haute saison. Le tourisme rapporte environ 13 milliards de dollars par an au pays. Il représente 6 % du PIB et, directement ou indirectement, près de 10 % de l'emploi. L'Égypte a appelé la communauté internationale à soutenir son économie. Au plus fort de la révolte, l'économie a perdu au moins 310 millions de dollars par jour, selon une note du Crédit agricole, qui a abaissé ses prévisions de croissance 2011 pour l'Égypte de 5,3 % à 3,7 %. La chef de la diplomatie de l'Union européenne, Catherine Ashton, est attendue le 22 février en Égypte, l'UE ayant d'ores et déjà offert son aide économique au Caire.


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