Réédition partielle ces temps-ci. Après fiasco de l'initiative syro-saoudienne, la formule Doha ne permettait plus au cabinet de résister à un départ des ministres du 8 Mars. Hariri a donc dû démissionner. La secousse ayant toujours pour cause le TSL, également au centre des conditions prévues par les médiateurs. Et dont les deux camps se sont rejeté réciproquement la responsabilité du rejet.
Des professionnels, qui se défendent de tout cynisme, posent dès lors la question suivante : si le TSL a entravé la république de Siniora, puis torpillé l'équipe Hariri, que nous réserve donc la prochaine étape ? Qui va faire sauter qui, quand et comment ?
Traduite en clair, cette interrogation peut se résulter ainsi : est-ce que le gouvernement Mikati va pouvoir gommer le tribunal ? Ou est-ce qu'il va lui-même disparaître vite fait, pour n'avoir pas pu régler ce problème qui frise la quadrature du cercle ?
A priori, il est plus facile pour Mikati d'appliquer l'arrangement syro-saoudien, avec oblitération du TSL, que pour Hariri, fils du sang versé. Mais ce n'est là qu'un début, ou même un simple semblant de réponse. Car une main seule ne peut applaudir : le 14 Mars ne souscrit pas à la liquidation de la justice et de la vérité. Et, à supposer qu'il y ait un moyen terme à ce propos, la contre-condition évidente de soumettre l'armement milicien à la supervision de l'armée se trouve catégoriquement rejetée par le Hezbollah et ses alliés.
Père gardez-vous à droite, père gardez-vous à gauche : se voulant au centre, Mikati est finalement attaqué des deux côtés. Il tente d'éloigner le calice, en se défaussant sur le Comité de dialogue national. Vainement, sans aucun doute. D'une part, parce que ce groupe, qu'il est même difficile de réunir sauf en séance vide de sens, n'est pas responsable. D'autre part, parce que le Hezbollah rejette totalement ce cadre et l'idée même de dialogue, en refusant de discuter de son armement.
Toujours est-il que les professionnels estiment que, sous un angle local, l'acte d'accusation conditionne fortement les réactions ultérieures concernant le TSL. Ou bien le document avance des preuves irréfutables, et il faudra bien, alors, laisser la procédure suivre son cours, les débats devant commencer en septembre. Ou les indices exposés s'avèrent discutables, et la marche du TSL s'en trouverait compromise, car il ne saurait plus trop lui-même comment juger. Dans ce cas précis, il ne serait pas exclu qu'il y ait des tentatives sérieuses d'arrangement entre les protagonistes locaux. Ainsi que de nouvelles médiations étrangères.
Il est dès lors nécessaire de prendre d'abord connaissance de la teneur de l'acte d'accusation. C'est ensuite seulement que l'on pourrait prendre des positions bien justifiées. Mais cette logique élémentaire, le Hezbollah la réfute. D'où le problème.

