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Moyen Orient et Monde - Égypte

Moubarak reste jusqu’en septembre, la foule veut son départ immédiat

Plus d'un million de personnes ont manifesté hier à travers tout le pays pour exiger le changement du régime.

Selon les forces de sécurité, au moins 500 000 personnes se sont rassemblées dans la capitale égyptienne hier, notamment sur la place al-Tahrir. Photo Reuters

Le président égyptien Hosni Moubarak a annoncé hier soir qu'il restait au pouvoir mais qu'il ne serait pas candidat à la présidentielle de septembre, dans un discours télévisé. « Je le dis en toute sincérité, et sans tenir compte de la situation actuelle, je ne comptais pas me présenter à un nouveau mandat présidentiel », a déclaré le président égyptien dans une allocution très attendue. « Je n'ai jamais demandé le pouvoir. » « Je vous parle dans des conditions difficiles qui mettent l'Égypte et son peuple à l'épreuve et qui pourraient les entraîner vers l'inconnu », a ajouté M. Moubarak, estimant que le pays avait le choix entre « le chaos et la stabilité ». « Ma première responsabilité maintenant est de ramener la sécurité et la stabilité à la patrie pour assurer la transition pacifique du pouvoir », a dit le chef de l'État. Il a appelé le Parlement à « débattre d'un amendement aux articles 76 et 77 de la Constitution pour changer les conditions de la candidature à la présidentielle et limiter les mandats ». L'article 76, controversé, a été amendé en 2007. Il établit des conditions strictes pour se présenter à la présidentielle, notamment pour les indépendants qui doivent réunir le parrainage de 250 élus émanant de trois institutions différentes, toutes dominées par le parti au pouvoir. L'article 77 établit la durée du mandat à six ans, pour un nombre illimité de mandats.
Mais aussitôt après son discours, des milliers de manifestants réunis dans le centre du Caire ont demandé de nouveau le départ immédiat de M. Moubarak. « Dégage ! Dégage ! » ont-ils scandé.
Plus d'un million d'Égyptiens avaient envahi les rues durant la journée d'hier, dans la plus importante mobilisation en huit jours de contestation contre le président Moubarak.
À la faveur du soutien de la toute-puissante armée, qui s'est engagée à ne pas tirer sur eux, hommes, femmes, enfants et vieillards ont manifesté par centaines de milliers à travers le pays pour exiger le départ du président, au pouvoir depuis 29 ans. Au moins 500 000 personnes se sont rassemblées dans la capitale, d'après la sécurité égyptienne. À Alexandrie, de 400 000 à 500 000 personnes ont défilé, selon les mêmes sources. En province, au moins 110 000 Égyptiens ont manifesté, dont 40 000 à Mansoura (delta du Nil) et au moins 25 000 à Suez (Nord-Est). Selon une source de sécurité et des journalistes de l'AFP, aucun incident violent n'a été enregistré lors des rassemblements.
L'opposition avait appelé à la « marche d'un million », contre M. Moubarak accusé de tous les maux : pauvreté, chômage, violation des libertés, corruption et verrouillage politique.
La foule commençait à se disperser en soirée, les gens craignant l'insécurité et les pillages qui ont marqué les premiers jours de la contestation après le retrait de la police, réapparue lundi. Mais la place restait bondée et de petits groupes se préparaient à y passer la nuit sous les tentes malgré le couvre-feu en vigueur dans la capitale et deux autres villes de 15h00 à 08h00.
L'armée a fermé les accès à la capitale et à d'autres villes et des hélicoptères ont survolé régulièrement le centre du Caire. Le trafic ferroviaire avait été interrompu pour empêcher un déferlement sur la capitale.
Pour mobiliser les manifestants, les groupes issus de la société civile, soutenus par M. el-Baradei, une partie de l'opposition laïque et les Frères musulmans, force d'opposition la plus influente, ont compté sur le bouche-à-oreille, Internet restant bloqué et le service de messagerie mobile perturbé.
Ce mouvement de contestation sans précédent, même s'il continue de manière pacifique, a fait depuis le 25 janvier au moins 300 morts selon un bilan non confirmé de l'ONU et des milliers de blessés.
Parallèlement, le président américain Barack Obama a réuni mardi après-midi son équipe de sécurité nationale pour discuter de la situation en Égypte. Selon le New York Times, Barack Obama avait demandé à M. Moubarak de ne pas se présenter à la prochaine présidentielle, dans un message transmis par un ancien ambassadeur américain en Égypte, Frank Wisner, qui s'est rendu au Caire.
De son côté, l'ambassadrice des États-Unis, Margaret Scobey, s'est entretenue au téléphone avec Mohammad el-Baradei, la figure le plus en vue de l'opposition, qui a appelé M. Moubarak à partir « au plus tard vendredi ».
Enfin, le Premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, a exhorté hier le régime égyptien de Hosni Moubarak à « satisfaire sans hésitation la volonté de changement » de son peuple et lancé un appel plus général en faveur de réformes démocratiques au Moyen-Orient. M. Erdogan a aussi décidé de reporter une visite prévue pour la semaine prochaine en Égypte en raison des événements dans ce pays.
Le président égyptien Hosni Moubarak a annoncé hier soir qu'il restait au pouvoir mais qu'il ne serait pas candidat à la présidentielle de septembre, dans un discours télévisé. « Je le dis en toute sincérité, et sans tenir compte de la situation actuelle, je ne comptais pas me présenter à un nouveau mandat présidentiel », a déclaré le président égyptien dans une allocution très attendue. « Je n'ai jamais demandé le pouvoir. » « Je vous parle dans des conditions difficiles qui mettent l'Égypte et son peuple à l'épreuve et qui pourraient les entraîner vers l'inconnu », a ajouté M. Moubarak, estimant que le pays avait le choix entre « le chaos et la stabilité ». « Ma première responsabilité maintenant est de ramener la sécurité et la stabilité à la patrie pour assurer la transition pacifique...
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