C'est en me baladant par hasard dans les méandres d'Internet et plus particulièrement sur Twitter que je suis tombé sur les commentaires outrés de plusieurs Tweeps (c'est comme ça qu'on les appelle) concernant votre lettre publiée dans L'Orient-Le Jour (du mardi 25 janvier 2011, NDLR). J'ai alors par curiosité cliqué sur le mulot pour en savoir un peu plus... Et là, quelle ne fut ma surprise de découvrir une lettre aux senteurs et la teneur nauséabondes. Je me suis demandé si je me trouvais bien en 2011 ou si j'avais fait un bond dans le passé, à bord de la Delaurean du film Retour vers le futur. En lisant et relisant cette lettre, je me sens projeté au Moyen Âge (tout au mieux) ou pire à l'âge de pierre. Tout d'abord, l'intitulé de votre lettre - « Femme chrétienne » - donne déjà une idée de la manière dont vous pensez : la femme chrétienne évolue dans notre société alors que la musulmane, de facto, est coincée dans le traditionalisme le plus pur, la limitant aux rôles de mère, sœur, femme... Une couveuse sur pattes quoi ! Pour vous, l'évolution de la place de la femme au sein de la société libanaise se limite aux femmes chrétiennes qui, elles, se sont doucement adaptées à la vie occidentale, menant de front leur carrière, assumant leurs responsabilités familiales, financières et même civiques. Aujourd'hui,la femme active ne se définit pas par sa religion mais par son éducation, son statut social, mais surtout par son désir d'émancipation et d'indépendance. Et c'est là où votre définition du statut de la femme dans la société libanaise me choque le plus. Pour vous, elle n'a pas le droit d'être l'égale de l'homme car elle met en péril l'équilibre même de la famille : travailler, avoir des droits civiques, être libre font d'elle un danger pour la « Sainte Famille du Christ ». Ces droits et ces devoirs sont à la base même de la définition de l'homme libre. Juste pour rappel et au cas où vous l'auriez oublié : « Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits » (article 1 de la Déclaration universelle des droits de l'homme - et cela veut dire aussi de la femme). Pour en revenir plus spécifiquement au rôle de la femme libanaise, je voulais tout d'abord lui déclarer mon amour. J'aime qu'elle soit un patchwork de l'Occident et de l'Orient, qu'elle donne de l'importance à son individualité sans oublier sa famille. J'aime qu'elle soit active, travaille et qu'elle ait un désir d'indépendance, mais qu'en même temps elle aime que l'on continue à lui ouvrir la porte, qu'on se rappelle de la Saint-Valentin ou même qu'on l'invite à dîner. J'aime le fait qu'elle mène une carrière, qu'elle aspire à atteindre les plus hautes sphères, qu'elle cherche à diriger et mener des hommes ; tout cela sans jamais oublier la place de son mari, de ses enfants et de sa famille. Pour moi, la Libanaise est l'héroïne de notre société car elle arrive à être un homme sans oublier d'être femme, et cela malgré les pressions qu'elle subit, la discrimination dont elle est victime et les critiques, comme les vôtres, qui s'abattent sur elle. Que vous le vouliez ou non, notre société a évolué et la famille n'a plus un capitaine, mais deux. Cela s'appelle l'égalité ; un concept qui me paraît loin de votre entendement. Le nombre des divorces augmentent ? Il ne vous est pas venu à l'esprit que les femmes n'avaient peut-être pas le choix et devaient rester mariées malgré leur situation précaire et leur manque de bonheur matrimonial ? Elles ont maintenant cette option. La vie permet aux gens de commettre des erreurs et de les réparer. Je pourrais continuer longtemps à écrire et vous contredire, mais je crois que cela serait vain. Pour conclure et au risque de me répéter : Femme du Liban, je t'aime.
Nos lecteurs ont la parole
Femme du Liban, je t’aime
OLJ / le 02 février 2011 à 00h57
C'est en me baladant par hasard dans les méandres d'Internet et plus particulièrement sur Twitter que je suis tombé sur les commentaires outrés de plusieurs Tweeps (c'est comme ça qu'on les appelle) concernant votre lettre publiée dans L'Orient-Le Jour (du mardi 25 janvier 2011, NDLR). J'ai alors par curiosité cliqué sur le mulot pour en savoir un peu plus... Et là, quelle ne fut ma surprise de découvrir une lettre aux senteurs et la teneur nauséabondes. Je me suis demandé si je me trouvais bien en 2011 ou si j'avais fait un bond dans le passé, à bord de la Delaurean du film Retour vers le futur. En lisant et relisant cette lettre, je me sens projeté au Moyen Âge (tout au mieux) ou pire à l'âge de pierre. Tout d'abord, l'intitulé de votre lettre - « Femme chrétienne » - donne déjà une idée de la manière dont vous pensez : la femme chrétienne évolue dans notre société alors que la musulmane, de facto, est coincée dans le traditionalisme le plus pur, la limitant aux rôles de mère, sœur, femme... Une couveuse sur pattes quoi ! Pour vous, l'évolution de la place de la femme au sein de la société libanaise se limite aux femmes chrétiennes qui, elles, se sont doucement adaptées à la vie occidentale, menant de front leur carrière, assumant leurs responsabilités familiales, financières et même civiques. Aujourd'hui,la femme active ne se définit pas par sa religion mais par son éducation, son statut social, mais surtout par son désir d'émancipation et d'indépendance. Et c'est là où votre définition du statut de la femme dans la société libanaise me choque le plus. Pour vous, elle n'a pas le droit d'être l'égale de l'homme car elle met en péril l'équilibre même de la famille : travailler, avoir des droits civiques, être libre font d'elle un danger pour la « Sainte Famille du Christ ». Ces droits et ces devoirs sont à la base même de la définition de l'homme libre. Juste pour rappel et au cas où vous l'auriez oublié : « Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits » (article 1 de la Déclaration universelle des droits de l'homme - et cela veut dire aussi de la femme). Pour en revenir plus spécifiquement au rôle de la femme libanaise, je voulais tout d'abord lui déclarer mon amour. J'aime qu'elle soit un patchwork de l'Occident et de l'Orient, qu'elle donne de l'importance à son individualité sans oublier sa famille. J'aime qu'elle soit active, travaille et qu'elle ait un désir d'indépendance, mais qu'en même temps elle aime que l'on continue à lui ouvrir la porte, qu'on se rappelle de la Saint-Valentin ou même qu'on l'invite à dîner. J'aime le fait qu'elle mène une carrière, qu'elle aspire à atteindre les plus hautes sphères, qu'elle cherche à diriger et mener des hommes ; tout cela sans jamais oublier la place de son mari, de ses enfants et de sa famille. Pour moi, la Libanaise est l'héroïne de notre société car elle arrive à être un homme sans oublier d'être femme, et cela malgré les pressions qu'elle subit, la discrimination dont elle est victime et les critiques, comme les vôtres, qui s'abattent sur elle. Que vous le vouliez ou non, notre société a évolué et la famille n'a plus un capitaine, mais deux. Cela s'appelle l'égalité ; un concept qui me paraît loin de votre entendement. Le nombre des divorces augmentent ? Il ne vous est pas venu à l'esprit que les femmes n'avaient peut-être pas le choix et devaient rester mariées malgré leur situation précaire et leur manque de bonheur matrimonial ? Elles ont maintenant cette option. La vie permet aux gens de commettre des erreurs et de les réparer. Je pourrais continuer longtemps à écrire et vous contredire, mais je crois que cela serait vain. Pour conclure et au risque de me répéter : Femme du Liban, je t'aime.

