En termes économiques, la mondialisation se traduit notamment par la convergence des marchés pour les produits et les services des grandes compagnies multinationales. Les téléphones mobiles et plus récemment l'iphone sont des illustrations de ce phénomène. Cette convergence est avant tout observée au niveau des produits. Les industries aéronautique, automobile, informatique et financière ou même pharmaceutique développent leurs produits dans cette logique de marchés mondialisés. Pour chacune d'entre elles, sur ses différents marchés, les produits sont les mêmes, les usages des produits sont presque les mêmes.
Le marché de l'éducation tend lui aussi à se mondialiser et à s'uniformiser, le MBA est lui-même devenu un produit, objet des marketeurs. Dans ce contexte de globalisation, allons-nous assister à une standardisation des compétences de management ? La stratégie, le marketing, le contrôle de gestion, l'informatique ou la conduite de projets doivent-ils être enseignés de la même manière ou maîtrisés de la même façon par les cadres d'une multinationale, de Paris à Shanghai, de Beyrouth à Chicago, de Singapour à Londres ? La convergence des marchés et des produits couplée à la mobilité des personnes tend à accréditer cette thèse.
Pour autant, les organisations et les systèmes de régulation restent différents d'un pays à l'autre, de même que les cultures et les systèmes sociaux. Le contexte local de chaque pays reste particulier, il impose aux multinationales une forte adaptation des compétences de leurs cadres. La performance d'un grand groupe international sur chacun de ses territoires ne peut tenir à la seule maîtrise des compétences techniques dites « universelles » de ses cadres. La capacité d'innovation, l'ingénierie financière, le marketing de masse ne suffisent pas pour assurer une performance durable. D'autres compétences sont nécessaires, en lien notamment avec les effets négatifs de la mondialisation.
Dans sa forme mondialisée, l'économie révèle ainsi son extrême fragilité et le risque de crise est omniprésent. À titre d'exemple, les déboires de Toyota aux États Unis, la crise de Mediator en France et leur médiatisation via notamment Internet témoignent de la rapidité avec laquelle une réputation peut être entamée. La crise financière des pays occidentaux confirme également la très grande réversibilité des situations économiques.
Face à de tels enjeux, les compétences techniques traditionnelles sont indispensables mais pas suffisantes. La responsabilité sociale de l'entreprise, son engagement écologique et éthique, sa capacité à gérer une crise ou à se fondre dans de nouveaux systèmes de régulation sont autant d'objectifs stratégiques sur lesquels les cadres dirigeants doivent être préparés et formés.
Si l'on se place au niveau des individus et de la sauvegarde de leur emploi, chacun d'entre nous doit individuellement se préparer à diverses transformations et peut-être même à de nouvelles crises économiques, politiques ou sociales.
À n'en point douter, la période est troublante et chacun doit légitimement se préoccuper du devenir de son métier. Il faut agir et développer de nouvelles compétences, pour s'adapter, se reconvertir ou jouer la polyvalence.
* Consultant et intervenant à l'ESA. Fondateur et directeur du cabinet Bon Usage conseil, dans le secteur de la santé.
En coopération avec : l'ESA


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