Nadine Labaki et Takla Chamoun, deux superbes interprétations. (DR)
De Georges Hachem
Avec Nadine Labaki, Takla Chamoun, Hind Taher et Badih Bou Chacra.
L'action se situe en 1976, dans la banlieue nord de Beyrouth. Les camps palestiniens de cette région viennent de capituler. La caméra suit une simple famille libanaise. Il y a d'abord Noha (Nadine Labaki), la jeune fille de la famille (pas si jeune que ça puisqu'elle a déjà trente ans et qu'elle est à la veille de se marier avec Jean Élias. Sa sœur, interprétée par Takla Chamoun, est la « vieille fille » qui a raté de se marier un jour. Il y a la maman, Hind Taher, et le frère, Badih Bou Chacra, qui se prend pour le père en l'absence de ce dernier. C'est donc une famille quasi typique libanaise avec ses coutumes, ses préjugés et les limites qu'elle pose. Un petit incident va changer la donne et le mariage sera remis en question, entraînant des réactions violentes de part et d'autre.
Ce film est excellent par le casting (tous les interprètes réussissent à porter à l'écran cette dramaturgie et cette violence qu'on voit souvent dans les familles orientales), mais aussi par la réalisation et l'image signée Muriel Aboulrouss.
Balle perdue a été produit par Georges Schoucair, qui a à son actif une longue liste de films libanais tels que A Perfect Day et Je veux voir du tandem Hadjithomas-Joreige ; Le Dernier homme et La Montagne de Ghassan Salhab ; Une chanson dans la tête de Hany Tamba et Yanoosak d'Élie Khalifé.
Sélectionné à Montréal au « Festival des films du monde », au « Festival international du film francophone » de Namur, au « London Film Festival », au « FilmfestDC », au Medfilm festival à Rome, ainsi qu'au « Cairo international Film Festival » et « Dubai International Film Festival », Balle perdue a reçu le Bayard d'or à Namur, l'Espressione Artistica à Rome, le prix du meilleur scénario au Caire et le Muhr d'or au 7e festival de Dubaï.
« Un film sincère dans ses propos et sa démarche », a dit Schoucair, et comme l'a dit Georges Hachem à la projection de l'avant-première : « Ce film est à voir avec le cœur .»
Grand Las Salinas
Planète Abraj, Kaslik
Copie conforme,
de Abbas Kiarostami
Avec Juliette Binoche
et William Shimell
C'est une simple rencontre entre un homme et une femme dans le cadre du beau paysage de la Toscane. Mais cette apparence de sujet simple cache une plus grande complexité. D'abord une complexité au niveau de la relation amoureuse, mais aussi un écheveau de dialogues dont seul Kiarostami détient le secret. Pour certains, le film peut paraître un peu décevant par rapport aux autres œuvres du cinéaste iranien. Mais cela dépend de l'endroit où l'on se place. Il faut donc attendre, patienter et parfois traîner en longueur comme cette caméra baladeuse qu'aime à reprendre Kiarostami dans tous ses films et qui rappelle notamment Le Goût de la cerise pour enfin savourer la subtilité dissimulée derrière ces vieilles pierres et derrière les rencontres tout au long du film. Quelle est la limite entre le vrai et le faux ? Les histoires d'amour sont-elles uniques ou toujours reproduites, et quel est le rôle de la femme dans ces relations amoureuses ? Autant de questions que pose ce film, mais que beaucoup de personnes ne sont pas prêtes ou tardent à y répondre.
Pour accompagner la sortie en salle de Copie conforme, un hommage sera rendu au cinéaste iranien ainsi qu'à Jafar Panahi, son collègue et ami, qui vient d'être emprisonné par les autorités iraniennes. Ainsi, jusqu'au au mercredi 26, certaines de leurs œuvres seront projetées au cinéma Métropolis Empire Sofil.


L'Iran ripostera de façon « décisive » à toute attaque, avertit son négociateur en chef