En 2009, Nicola Son a rôdé sur scène, où son costume blanc rappelle un certain Henri Salvador.
"Je me suis toujours dit depuis que c'était vers cette direction-là que je devais aller, même si rythmiquement, harmoniquement, je n'y comprenais rien", explique ce Parisien aux racines arméniennes, qui a publié en mars dernier "Parioca" (néologisme à partir des mots Paris et carioca), son premier album.
L'adolescent, déjà initié à l'étude de la flûte traversière, décide alors d'apprendre la guitare, puis d'aller s'imprégner de la culture, de la musique et de la langue du Brésil en allant à partir de 2003 séjourner plusieurs fois longuement dans ce pays.
"La première caractéristique de la musique brésilienne, c'est qu'elle est multiple. Chaque État a presque sa culture propre, ce qui fait sa richesse (...). J'ai vraiment voulu creuser cette richesse-là", affirme Nicola Son.
"J'ai voulu une vraie synthèse, qui fait l'originalité de mon projet où je ne délaisse ni la chanson, ni la rythmique", insiste ce musicien. Son disque offre des chansons où il parvient à faire swinguer la langue française sur les rythmes et les arrangements subtils du sambalanço, un balancement entre cuivres jazzy et percussions.
"Le sambalanço (un style né dans les années 60) est à la croisée de la bossa nova, de la samba et des musiques afro-américaines", explique Nicola Son, qui a bien creusé la question.
"Parioca" (Spirale Music) est le fruit mûri de son immersion au Brésil et plus particulièrement à Rio. "Ca fait des années que je travaille dans cette direction. J'ai vécu longtemps à Lapa", l'un des berceaux de la samba à Rio, dit-il.
Neuf des dix chansons de cet album ont été enregistrées avec des musiciens du cru. Trois sont adaptées de chansons brésiliennes, dont "Samba Dingue" popularisée par Joa Gilberto, qui constitue l'un des plus jolis moments de l'album avec "Samba Racée".
Sept compositions sont de Nicolas Son, dont il a écrit les paroles à l'exception de Brise Marine, un poème de Mallarmé.
En 2009, il a rôdé sur scène, où son costume blanc rappelle un certain Henri Salvador, ce répertoire original dans divers cabarets (French K-Wa, China Club...) de la capitale. À la rentrée, il a franchi un palier en étant aussi à l'affiche du Sunset en septembre puis de l'Européen en novembre.
Le 2 février, il foulera une nouvelle scène parisienne, celle du Studio de l'Ermitage, réputée pour sa programmation pointue dans le domaine des musiques du monde et du jazz.
Il ira défendre ensuite son répertoire au Brésil, à l'occasion d'une tournée en train de se monter pour le mois de juin.
"Je pense que la chanson française gagnera à s'inspirer et à intégrer des influences multiples et surtout différentes de celles habituelles du jazz et du rock américains", note Nicola Son, qui a déjà commencé à travailler sur un autre projet entre chanson française et musiques du Mali, où il est allé en 2008.


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