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Cinema- - Entre Parenthèses

Écran... philie

Ce siècle plus qu'aucun autre est né sous le signe du non-toucher, de l'hermétisme corporel, de la solitude charnelle et de la bulle virtuelle dans laquelle l'homme s'enferme de jour en jour.
Des petits mécanismes, des gentils joujoux tout clignotants et neufs remplis d'émoticons pour remplacer les émotions rendent ce cloisonnement possible. Dans le temps on jouait à trois, à quatre, parfois à cinq, à des jeux judicieusement appelés jeux de société. On se tapait sur l'épaule lorsqu'on s'énervait, se pinçait même. On rigolait et parfois on claquait la table de jeu si on était perdant et qu'on rentrait dans une colère toutefois badine. On jouait à cache-cache tout en se touchant pour distinguer le corps de l'autre ou encore à chambre noire pour mieux se caresser.
Aujourd'hui, les simples caresses tactiles de notre ordi ou autre bidule électronique produisent des joies immenses, mais fausses et faussées. L'apparition d'un visage, d'un événement vécu par l'autre sur Facebook, d'une phrase, nous chagrine ou nous réjouit mais tout toucher est banni.
« Big Bisous, embrassez-vous », chantait Carlos. Il avait bien raison le chanteur rigolo aux chemises tahitiennes qui intimait aux autres de s'embrasser le plus possible. C'est dans la caresse d'autrui que naît le réconfort, la tendresse, l'amour. Serait-on devenu comme dans Crush, de Paul Haggis, avide de toucher au point de se rentrer les uns dans les autres, dans des accidents ou autres gestes agressifs ? Serait-on tellement en manque de contact corporel au point de se quereller, de se faire la guerre pour prouver notre existence humaine ?
Au début du XXe siècle, bébé dormait avec Teddy Bear, un nounours bien gentil qui l'empêchait de faire des cauchemars. À la fin du XXIe siècle, dormira-t-il avec un smartphone aux vertus thérapeutiques ?
Sortir de l'écran, se libérer de la lumière factice de la virtualité, revenir à la réalité, à la douceur des corps, aux sensations vraies ; sauter à pieds joints dans la case réalité et aller à la rencontre de l'autre. Parler, parler. Et ne pas avoir besoin d'un « You've got mail » pour le faire. Pour ne plus avoir la peur au ventre.
Ce siècle plus qu'aucun autre est né sous le signe du non-toucher, de l'hermétisme corporel, de la solitude charnelle et de la bulle virtuelle dans laquelle l'homme s'enferme de jour en jour. Des petits mécanismes, des gentils joujoux tout clignotants et neufs remplis d'émoticons pour remplacer les émotions rendent ce cloisonnement possible. Dans le temps on jouait à trois, à quatre, parfois à cinq, à des jeux judicieusement appelés jeux de société. On se tapait sur l'épaule lorsqu'on s'énervait, se pinçait même. On rigolait et parfois on claquait la table de jeu si on était perdant et qu'on rentrait dans une colère toutefois badine. On jouait à cache-cache tout en se touchant pour distinguer le corps de l'autre ou encore à chambre noire pour mieux se caresser. Aujourd'hui, les simples caresses tactiles de notre ordi...
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