Le chef du Pentagone, qui effectue son premier voyage en Chine depuis 2007, s'est entretenu hier avec son homologue durant plus de deux heures. « J'estime que le général Liang et moi-même avons réalisé ce matin des progrès notables », a déclaré M. Gates, qui a aussi été reçu par Xi Jinping, le probable futur n°1 chinois. Toutefois, aucun accord important n'a été annoncé et la Chine a réaffirmé que les ventes d'armes américaines à Taïwan resteraient un sujet ultrasensible. « La position de la Chine est claire et cohérente. Nous sommes opposés » à ces contrats, a réitéré le général Liang. Ces ventes d'armes « portent gravement atteinte aux intérêts vitaux de la Chine et nous ne voulons pas que cela se reproduise », a averti le général.
Il y a un an, Pékin avait abruptement suspendu les contacts militaires à la suite de l'annonce par Washington d'un contrat d'armement de plus de six milliards de dollars avec Taïwan puis annulé une visite de M. Gates. Les contacts n'ont repris qu'en décembre dernier, à l'occasion d'un séjour d'une délégation militaire chinoise aux États-Unis. Le ministre chinois de la Défense a refusé de dire si la Chine suspendrait à nouveau ses relations militaires avec les États-Unis en cas de nouvelles ventes d'armes à l'île nationaliste que Pékin considère comme une province chinoise.
La visite de trois jours à Pékin de M. Gates est censée remettre sur les rails les relations militaires sino-américaines, à une semaine de la visite d'État du président chinois Hu Jintao aux États-Unis. M. Gates a expliqué de nouveau que les relations militaires entre les États-Unis et la Chine « étaient trop importantes pour être soumises aux aléas politiques ». Pourtant, Liang Guanglie n'a pas souhaité s'engager sur une proposition émise par M. Gates de « dialogue stratégique » notamment axé sur le nucléaire, les missiles de défense, la guerre dans l'espace et la cyberguerre, disant simplement qu'il y réfléchirait. Le général Liang a par ailleurs annoncé que Chen Bingde, chef d'état-major de l'Armée populaire de libération (APL), allait se rendre aux États-Unis dans la première moitié de l'année 2011.
Les responsables militaires américains sont de plus en plus inquiets devant la modernisation des forces chinoises et redoutent qu'un manque de dialogue puisse aggraver les tensions et déclencher des crises. Dans l'avion qui l'amenait à Pékin, M. Gates avait estimé que les États-Unis devaient « faire attention » aux progrès militaires chinois, s'inquiétant en particulier des projets d'avion furtif et de missile antinavire. M. Gates doit rencontrer aujourd'hui le président Hu Jintao et visiter demain un centre de commandement nucléaire près de Pékin. Il se rendra ensuite au Japon puis en Corée du Sud.


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