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Liban

Les Libanais de Côte d’Ivoire craignent d’être la première cible des vandales

Après avoir passé les vacances au Liban, beaucoup de Libanais de Côte d'Ivoire rentrent au pays hôte malgré la crise politique.

Les Casques bleus présents en Côte d’Ivoire depuis 2003 patrouillent dans les rues d’Abidjan.Photo AFP

Ils sont rentrés une dizaine de jours avant le début des vacances de Noël pour fuir la situation précaire en Côte d'Ivoire. Aujourd'hui, même si le problème de la présidence ivoirienne n'est pas résolu, les Libanais de Côte d'Ivoire retournent dans le pays qui les accueille depuis environ un siècle. C'est que les écoles ont rouvert leurs portes et peut-être vaut-il mieux rester sur place quand on a des commerces et des usines à protéger d'éventuels actes de vandalisme...
Marie vit depuis 35 ans en Côte d'Ivoire. Ses enfants, deux filles et un garçon, ont grandi là-bas. Elle est arrivée au Liban avant la crise présidentielle pour des raisons personnelles et elle y retournera bientôt. « Mes deux filles sont là. Elles sont arrivées avant les fêtes. Mon fils est resté à Abidjan où il travaille auprès d'une entreprise d'import-export. Mon gendre est rentré en Côte d'Ivoire ce matin. Selon la situation, il dira à ma fille de le rejoindre ou non », raconte-t-elle.
« La Côte d'Ivoire compte environ 80 000 Libanais. Beaucoup ont fui depuis le début de la crise au début du mois de décembre, et pas seulement pour le Liban. Il y a ceux qui sont partis pour le Bénin, le Burkina Faso ou d'autres pays limitrophes. C'est moins cher que de retourner à Beyrouth, surtout quand on a quatre ou cinq enfants », explique-t-elle.
« Nous ne savons pas ce qui se passera dans les jours à venir. Nous sommes inquiets. Nous n'avons pas peur de l'État ivoirien, quel que soit son président. Mais ce sont les actes de vandalisme, les mercenaires venus d'autres pays africains que nous craignons... S'il y a des émeutes, il y a aura des vols et des actes de vandalisme, et ce sont les commerçants libanais qui en pâtiront en premier », indique Marie.
« Beaucoup de Libanais sont rentrés au Liban avant les fêtes. Ceux dont les enfants sont scolarisés en Côte d'Ivoire sont obligés de retourner en Afrique car l'école a commencé. Les autres, des femmes et des enfants en bas âge, passeront plus de temps au Liban en attendant que la situation soit plus claire », note-t-elle encore.
La fille de Marie tient à préserver l'anonymat. Elle est née à Abidjan. Elle a vécu entre l'Afrique, la France et le Liban, et préfère s'exprimer en français. Elle a deux enfants scolarisés en Côte d'Ivoire. Elle compte y rentrer la semaine prochaine. « Mon mari a quitté le Liban aujourd'hui », dit-elle.
« Contrairement à 2004, quand la guerre civile avait éclaté, aujourd'hui il y a beaucoup de Libanais et d'autres ressortissants étrangers qui sont restés en Côte d'Ivoire. Cette année-là, la France et d'autres pays avaient procédé au rapatriement de leurs ressortissants. Ce n'est pas le cas actuellement », ajoute la jeune femme.
« Je suis inquiète bien sûr, mais tout le monde est en train de rentrer. Certains de nos amis sont rassurants, ils disent qu'il n'y aura pas de guerre, qu'une solution pacifique sera trouvée », espère-t-elle. « De plus, les écoles ont ouvert leurs portes hier. Le lycée français reprendra les cours le 17 janvier. Nous devons repartir en Côte d'Ivoire pour l'école et le travail », poursuit-elle.
Élie Abijaoudé est né en Côte d'Ivoire. Son père aussi. Sa famille fait partie des Libanais pionniers d'Afrique. Élie est rentré hier à Abidjan. Il était revenu au Liban accompagné de son père en décembre dernier. « Nous avons avancé notre congé d'une semaine et là, je rentre à Abidjan. Il paraît que c'est plus calme et que l'État a levé le couvre-feu avant Noël, dit-il, soulignant que celui-ci avait été imposé en Côte d'Ivoire durant quatre semaines. »
Élie, qui travaille dans une multinationale, tient à être rassurant. « En 2004, les incidents avaient pour cible les étrangers, notamment les Français et Libanais, mais ce n'est pas le cas actuellement, dit-il. Pour l'instant, il n'y a pas risques... Si jamais une guerre éclate, les voleurs et les vandales profiteront de la situation et s'en prendront aux commerces et aux industries tenus par des Libanais. » « Mais même s'il n'y a pas de guerre, la crise a porté un coup à l'économie et les Libanais qui sont présents dans tous les secteurs, surtout dans le commerce et l'industrie, en souffriront », souligne-t-il.
Aujourd'hui, des Libanais rentreront encore au pays à bord du vol régulier de la MEA Abidjan-Beyrouth. Ce sera pour la plupart des femmes et des enfants en bas âge qui préfèrent attendre dans leur pays natal la fin de la crise ivoirienne.
Ils sont rentrés une dizaine de jours avant le début des vacances de Noël pour fuir la situation précaire en Côte d'Ivoire. Aujourd'hui, même si le problème de la présidence ivoirienne n'est pas résolu, les Libanais de Côte d'Ivoire retournent dans le pays qui les accueille depuis environ un siècle. C'est que les écoles ont rouvert leurs portes et peut-être vaut-il mieux rester sur place quand on a des commerces et des usines à protéger d'éventuels actes de vandalisme...Marie vit depuis 35 ans en Côte d'Ivoire. Ses enfants, deux filles et un garçon, ont grandi là-bas. Elle est arrivée au Liban avant la crise présidentielle pour des raisons personnelles et elle y retournera bientôt. « Mes deux filles sont là. Elles sont arrivées avant les fêtes. Mon fils est resté à Abidjan où il travaille auprès d'une...
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