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Liban - Le Commentaire

Le retour à l’alternance, seule réponse crédible à la paralysie

À l'heure où il est vaguement question, dans les milieux du 8 Mars, d'un changement de gouvernement et d'un Doha II, les Libanais doivent réaliser qu'au lieu de s'enfoncer un peu plus dans la crise, ils devraient faire le bilan de la catastrophique expérience de « partenariat » actuelle et renoncer une fois pour toutes à ces gouvernements d'entente nationale qui ne sont, en fait, que des gouvernements de paralysie nationale.
C'est en tout cas l'avis de certains milieux politiques et économiques, qui estiment que le salut du Liban passe par un retour au principe démocratique de l'alternance des pouvoirs, à la lumière d'élections législatives libres et transparentes dont seraient issues une majorité et une minorité claires et, éventuellement, d'autres courants politiques qui sauraient se créer une personnalité distincte, comme par exemple un courant centriste ou « vert ».
Le principe de l'alternance est la seule alternative viable à la paralysie actuelle, fruit d'un accord élaboré à Doha, qui devrait être l'exception et non pas la règle, estiment les milieux cités. L'expérience montre en effet que le gouvernement d'entente en ce moment n'est que le nom que nous avons donné à la crise de système provoquée par le camp du 8 Mars et le Hezbollah, qui ont décidé de ne plus jouer le jeu démocratique, mais d'user, chaque fois qu'il est possible, de l'arme de l'obstruction, pour parvenir à leurs fins : prendre le pouvoir par l'usure, le chantage aux armes et le chantage à la paralysie, comme ils font en ce moment.
Un rapide coup d'œil sur l'histoire des présidences libanaises montre en effet que le Liban a fonctionné plus ou moins bien, tant que le principe de l'alternance était respecté. De Béchara el-Khoury à Élias Hraoui, et en dépit du caractère dramatique de certaines successions présidentielles, le principe de l'alternance a reflété plus ou moins fidèlement les changements de majorité au niveau parlementaire.
Même l'élection d'Amine Gemayel, après l'assassinat de son frère Bachir Gemayel, et même l'élection d'Élias Hraoui, après l'attentat meurtrier qui coûta la vie à René Moawad, se sont faits formellement sous le signe de l'alternance. Ne parlons pas des présidences précédentes, où le principe de l'alternance a parfaitement fonctionné, en dépit des velléités de renouvellement des mandats de présidents comme Béchara el-Khoury et Camille Chamoun, auxquelles il a été fait échec de façon plus ou moins convulsive, mais finalement acceptable, en comparaison avec ce qui devait suivre.
Il a fallu attendre Émile Lahoud et la volonté secrète d'un renversement de régime tenté par le Hezbollah, et mis en œuvre avec la complicité de Michel Aoun, pour assister à la disparition du principe de l'alternance et à son remplacement par cette hérésie démocratique que l'on a appelé, à Doha, le « gouvernement d'entente nationale ».
L'expérience prouve que ce type de gouvernement hypocritement appelé « d'entente » est en fait l'antinomie parfaite de l'entente ; qu'il s'agit en fait d'une ruse politique destinée à paralyser l'État et à ne laisser d'autre choix à la majorité que de se plier à la volonté de la minorité, ou de faire face à la paralysie des institutions, et éventuellement au chaos social et à des actions insurrectionnelles. On l'a bien vu le 7 mai 2008, on l'a bien vu, auparavant, quand les institutions furent bloquées, le Parlement fermé, les places publiques occupées ; on l'a bien vu aussi lors de ce mouvement trouble qui avait toutes les apparences d'une grève insurrectionnelle, à l'exclusion des armes, lorsque toutes les routes stratégiques furent bloquées et l'aéroport fermé, mais qu'à l'est de Beyrouth, des groupes de partisans sans armes contrèrent efficacement.
Rappelons, pour mémoire, que l'opposition, sans le principe de l'alternance, a empêché l'élection du président Michel Sleiman, dans les délais constitutionnels et qu'elle a, en outre, imposé Nabih Berry à la présidence de la Chambre, en menaçant de provoquer un défaut de quorum au cas où un candidat rival se présentait.
De ce fait, les milieux en question préconisent que les dix ministres représentant l'opposition quittent le gouvernement et laissent la majorité gouverner comme elle l'entend et assumer éventuellement la responsabilité de son échec. La Chambre sera alors en mesure de lui demander des comptes et pourra même lui retirer sa confiance.
L'expérience prouve, assurent ces milieux, que les partenariats commerciaux se soldent le plus souvent par des échecs. Force est de reconnaître que, sur le plan politique aussi, c'est l'échec assuré. L'alternance au pouvoir, en concluent les milieux cités, a prouvé sa supériorité partout dans le monde, aussi bien sur le plan démocratique qu'au niveau de la stabilisation de la société.

À l'heure où il est vaguement question, dans les milieux du 8 Mars, d'un changement de gouvernement et d'un Doha II, les Libanais doivent réaliser qu'au lieu de s'enfoncer un peu plus dans la crise, ils devraient faire le bilan de la catastrophique expérience de « partenariat » actuelle et renoncer une fois pour toutes à ces gouvernements d'entente nationale qui ne sont, en fait, que des gouvernements de paralysie nationale. C'est en tout cas l'avis de certains milieux politiques et économiques, qui estiment que le salut du Liban passe par un retour au principe démocratique de l'alternance des pouvoirs, à la lumière d'élections législatives libres et transparentes dont seraient issues une majorité et une minorité claires et, éventuellement, d'autres courants politiques qui sauraient se créer une personnalité...
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