Il est loin le temps des hausses annuelles de 20 à 25 % de 2005 à 2008. Depuis neuf mois, l'évolution des prix des appartements neufs à Beyrouth s'est apaisée. Il y a bien eu dans certains secteurs géographiques des petites hausses de 5 à 10 %, mais ce regain a vite été freiné par l'accalmie des ventes. Certains promoteurs n'ont réalisé aucune transaction depuis des semaines et de plus en plus de projets se terminent avec des invendus. Entre autres, le tarissement de l'appétit des expatriés a été fatal pour le marché beyrouthin.
Les produits les plus affectés sont les grandes surfaces de 300 m2 et plus. De nombreux projets au centre-ville et dans les beaux quartiers de Ras Beyrouth et d'Achrafieh affichent les mêmes barèmes que l'an dernier. Les dernières hausses des prix sont parfois symboliques et vite oubliées une fois les négociations engagées.
À l'opposé, le marché de la périphérie de la capitale reste dynamique puisque les appartements de 150 à 200 m2 sont plus appropriés au budget actuel des clients potentiels. Ainsi, le jeu de l'offre et la demande a entraîné une petite hausse des prix en 2010.
La demande existe, mais dans ce contexte de relative stabilité, les acheteurs ne sont pas pressés. Ils cherchent à profiter de la situation afin d'obtenir des prix intéressants. Tant que les prix ne bougent pas, ils prennent leur temps pour comparer les produits. Le choix ne manque pas, donc il n'y a pas urgence.
Globalement, la demande locale est divisée ; il y a ceux qui n'ont pas encore digéré les nouveaux tarifs, comme par exemple 4 000 dollars le m2 dans certains quartiers, et les autres qui cherchent désespérément un logement à 300 000 et 500 000 dollars. Ce budget, accompagné d'un prêt bancaire, pourrait permettre à certaines familles de s'offrir de petites surfaces de 120 à 200 m2 à Beyrouth et ses périphéries.
De son côté, l'engouement des investisseurs et des promoteurs pour le foncier ne faiblit pas. Malgré un contexte politique et sécuritaire alarmiste, des ventes se concrétisent. Cela traduit à la fois qu'il y a toujours des liquidités dans le pays, que l'immobilier au Liban reste un investissement recherché et que les promoteurs sont toujours intéressés à développer de nouveaux projets. Mais la réalité des ventes d'appartements a contraint les acquéreurs à plus de prudence. Si la demande existe, les transactions restent possibles uniquement à une valeur cohérente. Les acheteurs ne sont pas prêts à payer le prix fort et à prendre des risques démesurés.
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