Et le joueur de répondre : « Coach ! Je ne sais pas...et je m'en fous ! »
Ignorance et apathie, c'est peut-être les deux mots-clefs qui caractérisent la scène libanaise ces temps-ci. Je ne veux point parler de politique car nous désespérons à la vue de ces politiciens qui se comportent comme des robots (c'est peut-être un peu exagéré, car il existe de nos jours des robots intelligents et autonomes). Des robots, disons, de première génération, qui sont programmés ou plutôt remontés la veille avant de nous débiter leur lot de médiocrités le lendemain, à travers tous les moyens médiatiques disponibles ; ces médias qui nous gavent de débats stériles et stéréotypés, d'analyses peu analytiques et de petite envergure, nous enfonçant chaque jour un peu plus dans une apathie morose, généralisée et tétanisante.
Ignorance et apathie qui déteignent malheureusement sur tous les domaines de notre vie quotidienne comme nous le constatons tous les jours, à l'exemple de ce SMS plat pour nous inciter à faire du shopping festif dans les magasins de ce beau quartier « select » de la capitale.
Et pourtant le meilleur moyen d'attirer les gens (des consommateurs potentiels) à Achrafieh durant cette période de fêtes serait tout simplement de leur créer un environnement propice, joyeux et chaleureux, poussant enfants et adultes, jeunes et vieux, famille ou solitaire, riche ou pauvre à se promener dans ces beaux quartiers, à emprunter ces petites ruelles du triangle d'or (qui n'a de l'or que le nom), remontant vers l'ABC, faisant une halte a la place Sassine, descendant l'avenue de l'Indépendance, coupant par le bel escalier d'Achrafieh (où la municipalité de Beyrouth ne daigne pas allumer les beaux réverbères parsemés tout au long de ses marches), se dirigeant vers Saint-Nicolas, Sursock et continuer vers Geitawi...
Comment se fait-il que les personnes concernées soient aussi apathiques et peinent à mettre au point un plan directeur pour les fêtes de Noël et du jour de l'An ? Un plan qui verrait la place Sassine se transformer en un mini « Rockefeller Square », l'avenue de l'Indépendance prenant alors un air de petits « Champs Élysées », l'ABC imiter les vitrines des galeries parisiennes, les ruelles parsemées de pit-stop tenus par des pères Noël et diffusant des cantiques ou collectant de fonds pour que les démunis fassent partie de la fête, à la manière d'une « Fifth Avenue » ou même la police new-yorkaise, pourtant connue pour être la plus désagréable du monde, devient sympathique et accueillante.

