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Nos lecteurs ont la parole

Ghajar, le cadeau empoisonné

Joseph W. ZOGHBI
Israël a enfin décidé de restituer les territoires libanais de Ghajar, conformément à la résolution 1701 du Conseil de sécurité. Après 43 ans d'occupation intermittente de ce village, écartelé entre les uns et les autres au gré des guerres, nous voilà en train de récupérer des terres libanaises (ainsi en ont décidé les Nations unies en traçant la ligne bleue) avec en prime des citoyens israéliens, d'autres de nationalité libanaise, mais tous de confession alaouite.
La partie sud de Ghajar faisant partie du Golan occupé et la partie nord que certains appellent al-Wazzani faisant partie du Liban-Sud.
Un méli-mélo inimaginable sans une occupation sans foi ni loi.
Israël ne se gène pas ; non seulement il occupe les terres d'autrui et tout ce qu'il y a dessus, mais il les utilise comme bon lui semble (la preuve la dernière loi votée au Parlement israélien le 23 novembre qui oblige le gouvernement, au cas où il n'obtiendrait pas les deux tiers des votes à la Knesset, à consulter les Israéliens par référendum avant de restituer les territoires occupés). Pour Israël, toute terre acquise par la force et toute personne qui y vit devient sa propriété et il peut en disposer à sa guise. Les Israéliens n'ont pas hésité à octroyer en 1981 la nationalité israélienne aux habitants de Ghajar, à leur demande, alors qu'ils occupaient illégalement les territoires et qu'ils devaient les évacuer en vertu de la résolution 242 du Conseil de sécurité des Nations unies. Bénéficiant de l'impunité et forts des appuis des pays occidentaux sans exception, les israéliens occupent, colonisent, volent les terres, chassent les habitants quand ils ne les tuent pas. Tout leur est permis. Ils ont un blanc-seing des pays occidentaux car ceux-là les considèrent toujours comme leurs victimes à cause des atrocités de la Seconde Guerre mondiale, quand ils n'estiment pas faire partie de la civilisation judéo-chrétienne et donc les seules personnes civilisées de cette région. Les droits de tous les autres peuples et pays ne comptent pas, seul le droit des Israéliens compte.
La plupart des médias occidentaux reprennent toujours à leur compte le point de vue israélien quel qu'il soit. Ils rejettent le révisionnisme et la négation de la Shoah, ce qui est compréhensible, mais rarement parlent des 70 millions de morts de la Seconde Guerre mondiale et des atrocités commises contre les opposants au régime nazis, les gitans et autres minorités et les résistants ou les villageois massacrés à cause d'attentats de résistants. Les 17 millions de mort de Russie et d'Ukraine, etc, c'est comme s'ils n'avaient jamais existé. Seules les atrocités commises contre les juifs comptent et on nous inonde par ailleurs de films de propagande en les mettant sur le compte du souvenir. Tout ça pour garder cet appui inconditionnel de la population occidentale, sensible à ce drame, et pour aider Israël à faire oublier ses atrocités à elle et ses vols des terres palestiniennes et arabes que les Occidentaux ne condamnent que du bout des lèvres alors qu'ils en soufrent eux-mêmes dans leur chair. L'existence des groupuscules extrémistes, l'animosité des peuples du monde arabo-musulman envers les Occidentaux, dont souffrent aussi les chrétiens d'Orient tous les jours, par ricochet (Irak, Égypte, etc), les attentats du 11 septembre et autres attentats (Espagne, France, Grande-Bretagne...), les nombreuses prises d'otages occidentaux sont le résultat direct de cette grande injustice commise en Palestine. Les pays occidentaux n'ont pas compris que diffuser cette animosité revient seulement à rendre justice aux vraies victimes de cette grande usurpation du XXe siècle et qui continue malgré les cortèges de morts et les larmes.
Mais revenons au problème de Ghajar. Non seulement Israël a occupé ou maintenu sous ses menaces par intermittence pendant 43 ans ce territoire libanais, il a agi, en l'occupant, en propriétaire de la terre, permettant à la population locale d'y édifier des constructions Les habitants de la localité ont outrepassé eux aussi leurs droits puisqu'ils font partie du Golan occupé. Nous sommes aujourd'hui devant une double culpabilité qui doit être examinée par les autorités et la justice libanaise, si elles se décident finalement de sortir de leur léthargie endémique et de leurs empoignades sans fin.
Devant ce fait accompli, il faudrait bien régulariser les constructions et la situation de la population et octroyer exceptionnellement à ses membres la nationalité libanaise. Mais comme les habitants seront pénalisés car ils vont être séparés de leurs parents qui sont de l'autre côté des frontières, l'une des solutions serait que les Casques bleus se déploient aussi la partie syrienne (sous contrôle israélien) de Ghajar et permettent le libre déplacement des habitants de la localité. L'armées libanaise pourrait, pour sa part, installer un point fixe du côté libanais en appui aux Casques bleus pour empêcher toute infiltration israélienne.
Il faut bien accepter ce « cadeau empoisonné » : c'est notre terre après tout.
Cet exemple montre combien les agissements d'Israël ont occasionné en toute impunité des drames et des changements irréversibles dans la carte et la démographie de la région et combien il est difficile de les corriger. Il s'agit là d'un exemple entre cent de ce que serait, si cela se produit un jour, une solution du conflit arabo-israélien.

Joseph W. ZOGHBI
Israël a enfin décidé de restituer les territoires libanais de Ghajar, conformément à la résolution 1701 du Conseil de sécurité. Après 43 ans d'occupation intermittente de ce village, écartelé entre les uns et les autres au gré des guerres, nous voilà en train de récupérer des terres libanaises (ainsi en ont décidé les Nations unies en traçant la ligne bleue) avec en prime des citoyens israéliens, d'autres de nationalité libanaise, mais tous de confession alaouite.La partie sud de Ghajar faisant partie du Golan occupé et la partie nord que certains appellent al-Wazzani faisant partie du Liban-Sud. Un méli-mélo inimaginable sans une occupation sans foi ni loi. Israël ne se gène pas ; non seulement il occupe les terres d'autrui et tout ce qu'il y a dessus, mais il les utilise comme bon lui semble (la preuve la...
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