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Liban - Le Commentaire

La désillusion populaire est consommée

Après le dernier Conseil des ministres qui s'est terminé en queue de poisson, les gens de tous bords et de toutes communautés s'interrogent avec inquiétude. Est-ce là le gouvernement d'union nationale qui s'était engagé à traiter leurs préoccupations, en leur assurant stabilité et sécurité ? Est-ce là ce précepte du consensus pour lequel l'on a tourné le dos à la démocratie bien comprise, à Taëf et à la Constitution ? Est-ce là la notion de participation de tous à la prise de décisions, aucune partie n'en ayant plus le monopole ? Est-ce là le cabinet censé laisser de côté les sujets litigieux, pour s'occuper des problèmes et des intérêts de la population ?
Le fiasco est flagrant. La ligne d'entente a tourné à la discorde, au point qu'il n'y a même plus d'accord sur la liste des sujets qu'il convient de régler à l'amiable. Les polémiques sur les questions suscitant des divisions battent leur plein, au mépris donc de l'engagement initial de geler de tels débats. Les disparus, l'armement du Hezbollah, l'armement des Palestiniens à l'intérieur et en dehors des camps constituent des dossiers épineux. Ils sont pratiquement au frigo. Ne devrait-il pas en être de même pour les faux témoins, le TSL et l'acte d'accusation ? S'agit-il de sujets ordinaires, pour ne pas dire anodins, pour qu'on en discute, comme si on pouvait les régler soit à l'amiable, soit par le recours au vote ?
Jusqu'à quand cette situation va-t-elle durer ? Jusqu'à un problématique compromis sur l'affaire des faux témoins ? Jusqu'à ce que la Syrie, l'Arabie saoudite, la Turquie, l'Égypte, le Qatar et d'autres se mettent d'accord sur un arbitrage prévenant les effets de l'acte d'accusation ? La paralysie va-t-elle se poursuivre jusqu'à ce que le procureur Bellemare ait rendu ses conclusions ? Et qu'adviendrait-il ensuite ?
Selon un député du 14 Mars, l'incertitude et l'inquiétude sont en large partie suscitées par le flou de la position syrienne concernant le TSL, l'acte d'accusation et les revendications du 8 Mars. Le président Bachar el-Assad déclare que si l'acte d'accusation devait se fonder sur des preuves irréfutables, ce serait une chose, et une tout autre s'il n'en était pas ainsi. Il précise que, dans le premier cas, il faudrait se soumettre au texte. Mais son Premier ministre et son ministre des Affaires étrangères, ainsi que d'autres responsables syriens ne cessent de répéter que le TSL est politisé, que tout ce qui émane de cet organe est donc vicié, nul et non avenu.
Le parlementaire chevronné relève que la Syrie d'aujourd'hui suit les traces et l'exemple de cette puissance que les Français appelaient la perfide Albion, l'Angleterre. En effet, aux abords de l'indépendance, en 1943, le Bloc national et le Destour se disputaient sur la nécessité d'un traité avec la France pour garantir la souveraineté libanaise, le premier étant pour et le second contre. Anthony Eden, ministre britannique des Affaires étrangères, avait alors soutenu sur les ondes de la BBC qu'il n'y avait pas d'objection à un tel accord. Un tapis vite retiré de sous les pieds des francophiles locaux : il leur a été vite précisé par le délégué anglais, le général Spears, que le ministre s'adressait de la sorte à l'opinion européenne et pas du tout aux fractions libanaises...
Aujourd'hui non plus, on ne parvient pas à savoir ce que parler veut dire, du côté syrien. Et s'il faut attendre que l'acte d'accusation ait été publié pour être fixé, il risque d'être trop tard. Une menace que ne cesse de marteler le Hezbollah. Que pense vraiment la Syrie de l'affaire des faux témoins, dont sa propre justice se trouve du reste saisie par Jamil Sayyed, du TSL et de l'acte d'accusation ? Est-ce que, comme Eden jadis, son discours et ses propositions vont s'adresser, dans un cadre de bazar, à l'Occident et aux Arabes modérés ? Va-t-elle plutôt privilégier le facteur interne libanais ? Et dans ce cas, compte-elle accentuer son soutien au 8 Mars, ou favoriser un compromis. Autant de questions qui restent en l'air, jusqu'à nouvel ordre.
Après le dernier Conseil des ministres qui s'est terminé en queue de poisson, les gens de tous bords et de toutes communautés s'interrogent avec inquiétude. Est-ce là le gouvernement d'union nationale qui s'était engagé à traiter leurs préoccupations, en leur assurant stabilité et sécurité ? Est-ce là ce précepte du consensus pour lequel l'on a tourné le dos à la démocratie bien comprise, à Taëf et à la Constitution ? Est-ce là la notion de participation de tous à la prise de décisions, aucune partie n'en ayant plus le monopole ? Est-ce là le cabinet censé laisser de côté les sujets litigieux, pour s'occuper des problèmes et des intérêts de la population ?Le fiasco est flagrant. La ligne d'entente a tourné à la discorde, au point qu'il n'y a même plus d'accord sur la liste des sujets qu'il convient de...
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