Salehi coupant le ruban marquant le transfert du premier lot de concentré d’uranium de fabrication domestique de Bandar Abbas – où il a été produit – vers le site nucléaire d’Ispahan. Fars News/HO/Reuters
« L'Iran est désormais autosuffisant pour l'ensemble de la chaîne de production de combustible » nucléaire, depuis la production de minerai jusqu'à celle de combustible nucléaire, a affirmé M. Salehi. « Cela va renforcer notre position aux négociations » nucléaires avec les grandes puissances, qui doivent reprendre aujourd'hui à Genève après un an d'interruption.
L'enrichissement d'uranium est au cœur du conflit opposant depuis plusieurs années l'Iran à la communauté internationale, qui soupçonne Téhéran de chercher, malgré ses dénégations, à se doter de l'arme atomique sous couvert d'un programme nucléaire civil. Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad a réaffirmé samedi que le « droit inaliénable » de l'Iran à enrichir de l'uranium, reconnu par les traités internationaux, n'était « pas négociable ».
L'annonce iranienne sur la maîtrise du cycle de combustible nucléaire « remet un peu plus en question les intentions de l'Iran et soulève de nouvelles préoccupations », a réagi hier le porte-parole du Conseil national de sécurité de la Maison-Blanche, Mike Hammer. Le but de ces négociations « est de souligner la préoccupation de la communauté internationale concernant les actes et les intentions de l'Iran. Nous verrons si l'Iran aborde ces discussions avec le sérieux indispensable pour répondre » à ces préoccupations.
Résistant notamment à plusieurs condamnations de l'ONU et à des sanctions économiques internationales sévères, Téhéran a déjà produit plus de trois tonnes d'uranium faiblement enrichi (3,5 %) et plus de 33 kilos d'uranium enrichi à 20 %, selon l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA). L'uranium doit être enrichi à plus de 90 % pour pouvoir être utilisé dans une bombe atomique.
L'Iran affirme avoir besoin de produire de l'uranium enrichi notamment pour alimenter un réacteur de recherche nucléaire à Téhéran, et accuse les puissances nucléaires de chercher à préserver un « monopole » scientifique et technique.
La secrétaire d'État américaine Hillary Clinton a estimé samedi que les grandes puissances pourraient reconnaître le droit de l'Iran à l'enrichissement, si Téhéran parvenait à les rassurer sur ses intentions. Son homologue iranien Manouchehr Mottaki a salué « un pas en avant » mais souligné que « ces mots doivent être traduits en actes ».
Téhéran affirme que les discussions seront vouées à l'échec si les Occidentaux n'abandonnent pas leurs pressions et menaces, y compris militaires, contre l'Iran. « Nous sommes prêts à négocier, mais les grandes puissances doivent reconnaître que les droits inaliénables de la nation iranienne ne sont pas négociables et cesser d'être hostiles » à l'égard de l'Iran, a résumé samedi M. Ahmadinejad.


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