En ligne de mire, la redynamisation d'une rue désormais sans caractère dont la population s'est paupérisée au fil des ans et où s'alignent mornes échoppes de restauration rapide, boutiques de vêtements à bas prix .
En ligne de mire, la redynamisation d'une rue désormais sans caractère dont la population s'est paupérisée au fil des ans - 37% de propriétaires occupants en 1995 contre 25% aujourd'hui - et où s'alignent mornes échoppes de restauration rapide, boutiques de vêtements à bas prix et magasins de téléphonie mobile.
Longue de près d'un kilomètre plongeant vers le Vieux-Port, longtemps étouffée par le trafic automobile dont la circulation a été resserrée sur deux voies pour laisser passer le tramway depuis 2007, la Canebière n'a jamais retrouvé le prestige et l'animation populaire qui ont fait sa célébrité de la fin du XIXe siècle jusqu'aux années 1930.
Malgré le ravalement de quelques façades élégantes depuis 2007, notamment celle du monumental Palais de la Bourse achevée en juin, et l'implantation d'une antenne droit et économie de l'université Paul Cézanne en 2000, l'artère peine à sortir de son apathie.
"J'évite le soir. C'est vide, c'est triste", déplore Siham Moussa, 22 ans, vendeuse dans une des rares boutiques de prêt-à-porter qui a résisté dans le haut de l'avenue.
Estimé à 29 millions d'euros, aux trois quarts financé par le privé, Campus Canebière s'intègrera dans un projet à long terme de revitalisation du centre-ville avec en point d'orgue le réaménagement, pendant les dix ans à venir, du Vieux-Port par l'architecte britannique Norman Foster.
Mais c'est avec l'implantation d'un cinéma multiplexe (14 salles, 1 620 places) en 2013 par le groupe MK2 que la mairie espère conjurer la mauvaise réputation de l'avenue.
Premier circuit de diffusion de cinéma art et essai en France, le groupe de Marin Karmitz, fort de 64 salles, dont certaines organisées autour d'espaces culturels, devrait inaugurer dans la cité phocéenne sa première structure hors de Paris.
Vu par Jean-Claude Gaudin comme un "atout supplémentaire" pour Marseille capitale européenne de la Culture en 2013, le projet prévoit la construction d'un bâtiment moderne sur trois étages pour un budget estimé à plus de 16 millions d'euros, financés essentiellement par des fonds privés.
Le maire PS du 1er secteur de Marseille, Patrick Mennucci, dont les services seront déplacés pour laisser place au nouvel espace culturel, veut croire que "l'opération aura le même impact qu'à Stalingrad", quartier du 19e arrondissement de Paris, autrefois mal famé et redevenu attractif en partie grâce à l'ouverture successive de deux cinémas du groupe en 1996 et 2005.
"C'est positif, c'est un premier pas. Le choix de faire un pôle culturel est judicieux", relève également René Caprioli qui dirige la librairie Maupetit, fondée en 1927 sur la Canebière. Judicieux mais insuffisant: "Il faut un projet de rénovation de fond", martèle-t-il, qui prenne en compte la situation économique des habitants.
Un scepticisme partagé par Jeannine Levy, dont la boutique de vêtements pour hommes survit grâce à des habitués: "Cela fera venir des jeunes mais cela ne suffira pas", estime-t-elle.


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