Saint Nicolas a une longue barbe blanche, une mitre et un grand manteau rouge. Ses « Zwarte Pieten » ont le visage peint en noir, des lèvres rouges et des boucles d’oreille d’or. Photo AFP
L'arrivée officielle de saint Nicolas, mi-novembre, est retransmise chaque année à la télévision : venu d'Espagne, il descend d'un bateau à vapeur chargé de cadeaux, accompagné d'une quarantaine de valets, les « Zwarte Pieten » (Pierrots noirs). « Chaque commune a son saint Nicolas, sauf à un ou deux endroits, protestants », raconte John Helsloot, chercheur à l'Institut de recherche sur la culture néerlandaise Meertens d'Amsterdam. À l'intérieur du pays, le patron des écoliers arrive en train ou en voiture, précise-t-il.
Dans près de deux tiers des familles néerlandaises avec enfants, la fête de la Saint-Nicolas rime avec cadeaux alors qu'à Noël, des présents ne sont offerts que dans 46 % des familles, selon une enquête de la société d'études de marché GFK.
Trois semaines durant, jusqu'au 5 décembre, les enfants auront déposé chaque soir leurs chaussons devant la cheminée. « Zwarte Piet », descendu par le conduit, les remplit de sucreries pendant que saint Nicolas et son cheval blanc l'attendent sur le toit. C'est du moins ce que croient les petits Néerlandais jusqu'à l'âge de sept ou huit ans. « Les enfants pensent que saint Nicolas vient d'Espagne, mais il est né vers 280 à Myre », en Turquie, avance Annemieke Langeveld, de l'association néerlandaise de promotion de l'image de saint Nicolas. Il est mort le 6 décembre 342 et est enterré à Bari (sud-est de l'Italie), précise-t-elle. « Le passage vers le "concept Saint-Nicolas" s'est fait au XVIe ou XVIIe siècle », explique M. Helsloot. De l'ancien évêque, saint Nicolas, également célébré en Belgique, en Allemagne et dans l'est de la France notamment, a gardé une longue barbe blanche, une mitre et un grand manteau rouge.
Il ressemble un peu au père Noël, en moins jovial. Ses « Zwarte Pieten », visage peint en noir, lèvres rouges et boucles d'oreille d'or, remplacent les lutins. « Le domestique noir d'un important monsieur blanc », constate M. Helsloot. « Certains parlent de racisme et de discrimination, mais la plupart des Néerlandais disent que Zwarte Piet est noir parce qu'il passe par la cheminée », dit-il, même si « quand Zwarte Piet descend du bateau, il est déjà noir. »
Les rues sont envahies de ces créatures noires portant une culotte bouffante, un chapeau à plume et une collerette blanche. Les boulangeries et les supermarchés regorgent de « pepernoten », petits biscuits parfumés à l'anis, de spéculoos et de lettres en chocolat. « Nous estimons à 10 millions de kilos la quantité de sucreries vendues depuis l'automne », indique Miranda Boer de la Fédération néerlandaise de la grande distribution (CBL).
Durant la semaine de la Saint-Nicolas, le commerce de détail aux Pays-Bas devrait enregistrer un chiffre d'affaires supplémentaire de 470 millions d'euros, selon Yvonne Fernhout, porte-parole de la Fédération néerlandaise de commerce de détail. Celui d'une semaine normale s'élève à environ 1,5 milliard d'euros.


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