David Nammour à l’intérieur de Muncheez Mania.
Atmosphère funky
C'est alors que le père de David, le restaurateur chevronné Béchara Nammour qui gère douze des plus grands établissements de la capitale fédérale, lui suggère d'opérer dans le quartier de Georgetown, à la fois fréquenté par des jeunes et par les « it people ». D'un local très bien situé et d'une superficie de juste 70 m2, il en fait un espace des plus accueillants et funky à souhait. Les murs ont été recouverts de peintures aux couleurs chaudes : la vue d'une ville à la tombée de la nuit, l'image d'un disc-jockey à l'œuvre et celle d'une jeune femme aux traits séduisants.
De la musique pour tous les goûts (du rock au reggae, en passant par le hip-hop et le house) est continuellement diffusée. De hautes chaises métalliques rouges très « artsy » font face à une longue table à effet de bar. Et sur le comptoir de service trône un « saj », car au menu figure toute une variété de « manakich » : au thym, à la « labné », aux fromages, avec olives, tomates, concombres, etc. Autres spécialités bien de chez nous, les « falafel » (aussi authentiques et excellents que ceux des maîtres en ce domaine à Beyrouth) et une « taboulé » dans la section salade.
Et, pour plaire à tout le monde, le restaurateur a légèrement américanisé certaines préparations libanaises : ainsi la « kafta », baptisée « Dude » (le mec), est enrichie de mozarella et posée sur une fine couche de mayonnaise, et le « halloum » se mélange au « kashkawan » et à la fontina pour un « kellage » fusion.
Si d'aventure on a envie de goûts plus sucrés, on commande en passant des crêpes (celles au beurre et au sucre n'ont rien à envier au label breton), confectionnées à partir d'une fenêtre ouverte sur la rue. Muncheez Mania reçoit tous les jours de 11h à 21h, et les jeudi, vendredi et samedi jusqu'à 4h du matin.
Pour la petite histoire : enfant, David Nammour cultivait des aptitudes affairistes à la vaille que vaille.
À 7 ans, il avait été surpris au Collège de Jamhour en train de vendre des sacs de chips à ses copains, qu'il achetait à l'insu de ses parents, en attendant l'autocar. Aujourd'hui, quinze ans plus tard, il a finalement tranché avec l'habitude du fast-food en concoctant un mode de casse-croûte à la fois sain et attractif pour sa génération.


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