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Économie - Finance

Régions et communes endettées, la face cachée de l’économie espagnole

Parmi les points d'inquiétude sur la solidité de l'Espagne, les économistes soulignent le mal qui la ronge depuis plusieurs années et pourrait compromettre ses objectifs budgétaires : la mauvaise santé financière de ses régions et communes.
« L'Espagne n'est pas l'Irlande », répétaient ces derniers jours les membres du gouvernement socialiste, pour tenter de freiner le vent de panique qui a saisi les marchés autour du plan de sauvetage irlandais.
« Bien sûr que nous ne sommes pas pareils », reprenait mercredi, ironiquement, le journal ABC (droite) : « L'Irlande a un État. Un. L'Espagne, dix-sept. Avec la multiplication démentielle de dépenses publiques que cela entraîne. »
Les dix-sept régions espagnoles disposent d'un niveau d'autonomie élevé, ayant ainsi le droit d'émettre des obligations pour se financer. Elles croulent sous une dette cumulée d'environ 105 milliards d'euros.
« Quand l'économie ne croît plus, les régions, qui se financent avec les impôts et la TVA, voient leurs revenus baisser » et « leurs dépenses sociales augmentent », par exemple pour aider les chômeurs (un Espagnol sur cinq n'a pas d'emploi), explique Javier Diaz Gimenez, professeur à l'IESE Business School.
En mai, Standard & Poor's prévoyait qu'elles enregistreraient en 2010 « la pire performance de budget consolidé de l'histoire récente ».
Moody's lui a emboîté le pas, dégradant les notes de sept régions dont Madrid et la Catalogne, et plaçant sous surveillance négative trois autres.
Cette liberté des communautés autonomes complique l'effort gouvernemental pour réduire les déficits.
« Dans un pays aussi décentralisé que l'Espagne, où les régions ont des pouvoirs en termes de dépenses mais beaucoup moins en termes de recettes, cela crée un problème très grave quand l'État décide de contrôler les coûts », estime M. Gimenez.
L'exécutif veut qu'après avoir représenté 1,92 % du PIB en 2009, le déficit cumulé des régions soit à 2,4 % en 2010 puis 1,3 % en 2011. À cette date, l'Espagne a promis à Bruxelles un déficit global de 6 %, contre 11,1 % en 2009.
Pour serrer la vis, la ministre de l'Économie Elena Salgado a convoqué mercredi les responsables de chaque région.
Elle a sorti le carton rouge pour Murcie et Castilla-La Mancha : commes elles ont « un risque significatif » d'avoir un trop grand déficit en 2010, elles ne pourront plus émettre de la dette avant d'être revenues dans le droit chemin.
En 2009, quatorze régions n'avaient pas respecté l'objectif. En 2011, huit n'y arriveront pas, a révélé vendredi El País.
Les municipalités souffrent aussi. Madrid, dont la dette dépasse les 7 milliards, a vainement tenté de négocier auprès du gouvernement central. Elle a dû se résoudre à un budget 2011 austère, sans le moindre chantier.
La bulle immobilière avait souri aux villes, qui « avaient des revenus très élevés en vendant leurs terrains et en percevant les impôts sur l'achat et la construction », rappelle Carlos Sebastian, économiste à l'université de Madrid.
Du coup, « elles se sont crues riches et ont lancé beaucoup de chantiers publics, des piscines couvertes, des complexes sportifs... ».
« Quand s'est terminé le cycle de la construction, les communes ont perdu cette source de financement et ont dû s'endetter », indique M. Gimenez.
Résultat, les factures impayées s'accumulent. Selon la Banque d'Espagne, les 8 000 communes ont une ardoise cumulée de 13 milliards. Certains sous-traitants menacent de ne plus ramasser les poubelles ni nettoyer les rues.
« Pour la viabilité de ces petites entreprises qui sont les fournisseurs des municipalités, c'est très grave », souligne M. Sebastian. Depuis 2008, 200 000 travailleurs indépendants et microentreprises ont dû fermer boutique.
Parmi les points d'inquiétude sur la solidité de l'Espagne, les économistes soulignent le mal qui la ronge depuis plusieurs années et pourrait compromettre ses objectifs budgétaires : la mauvaise santé financière de ses régions et communes.« L'Espagne n'est pas l'Irlande », répétaient ces derniers jours les membres du gouvernement socialiste, pour tenter de freiner le vent de panique qui a saisi les marchés autour du plan de sauvetage irlandais.« Bien sûr que nous ne sommes pas pareils », reprenait mercredi, ironiquement, le journal ABC (droite) : « L'Irlande a un État. Un. L'Espagne, dix-sept. Avec la multiplication démentielle de dépenses publiques que cela...
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