Le Premier ministre français, François Fillon, a promis que les réformes ne vont pas s’arrêter. Joel Saget/AFP
Elles ne vont pas s'arrêter, a promis M. Fillon, au ton plus combatif au fil du discours. « L'élan de la réforme est intact. (...) Ni indulgence, ni relâchement, ni immobilisme, la réforme reste indispensable », a-t-il martelé. L'opposition ne lui en a pas donné crédit. « Vous vous présentez aujourd'hui en dépositaire d'un nouveau souffle, (...) mais vous êtes surtout l'incarnation de ces trois années d'échec », a lancé à la tribune François Brottes (PS). Le nouveau patron du groupe UMP, Christian Jacob, s'est en revanche félicité du « chemin parcouru » et du « cap fixé », « fidèle à nos valeurs ».
Sur les réformes, François Fillon a confirmé « une concertation nationale » de six mois sur la question de la dépendance, mais qui sera élargie à la régulation des dépenses de santé. Il s'est aussi à nouveau engagé sur « une réforme profonde de la fiscalité du patrimoine » avant l'été, qui pourrait aboutir à une suppression du très décrié bouclier fiscal et de l'impôt sur la fortune (ISF). Mais il a prévenu qu'elle devait se faire « à produit constant » pour « stabiliser » la dette publique dans deux ans.
Car, fidèle à son image de gestionnaire pointilleux qui a fait son succès, il a affirmé que « la rigueur budgétaire » - et même « la vertu budgétaire » - sous-tendrait tous les nouveaux projets. « Il n'y aura plus de dépenses publiques supplémentaires pour relancer la croissance », a-t-il dit tout en promettant l'absence « de hausse d'impôts ». À l'adresse des centristes, qui s'estiment lésés par le remaniement, il a souligné ne pas opposer « l'efficacité économique, la rigueur budgétaire à la cohésion sociale ». Autres priorités jusqu'à la présidentielle : l'emploi - avec notamment le doublement du nombre de jeunes en alternance -, mais aussi la justice, la lutte contre l'insécurité et l'immigration clandestine.

