La presse espagnole, sous le charme de son équipe depuis la campagne victorieuse à l'Euro 2008, était perplexe, voire incrédule hier.
« C'était la "Roja" ? » s'interrogeait en une le journal sportif Marca. « C'est la gueule de bois ou cela y ressemble. Après l'échec face à l'Argentine, cette fois la sélection a reçu une claque avec le pire match de l'Espagne depuis de nombreuses années », ajoutait le quotidien.
« Mauvais, mauvais, mauvais, on ne peut pas jouer au foot avec ce manque d'enthousiasme, critiquait son concurrent madrilène AS. L'Espagne a joué sans âme et sans envie. »
Le catalan Mundo Deportivo appelait le sélectionneur Vicente Del Bosque à « remédier à cette situation », car même s'il n'y avait mercredi soir « aucun point en jeu », c'est de « prestige » dont il s'agissait. « Et cela, quelquefois, est beaucoup plus important. »
Del Bosque en voulait d'ailleurs visiblement beaucoup à ses joueurs, même s'il est souvent difficile de lire les émotions sur le visage du placide entraîneur moustachu. Mais le propos était suffisamment explicite.
Les joueurs, auteurs pour l'instant d'un sans faute en éliminatoires de l'Euro 2012 (trois victoires en trois matches), n'ont jamais été à la hauteur en amical à l'heure de simplement défendre leur statut de champion du monde.
Il est tout à fait possible que certains joueurs n'aient pas voulu tout donner à moins de 15 jours du « Clasico » entre le FC Barcelone et le Real Madrid, « finale » aller du championnat d'Espagne. Or au coup d'envoi, il y avait pas moins de neuf joueurs espagnols concernés par ce rendez-vous majeur : Casillas, Ramos, Xabi Alonso côté Real et Puyol, Piqué, Busquets, Xavi, Iniesta et Villa côté Barça.
Mais on attend toujours plus d'une équipe qui a tout gagné. Et c'est le cas de la « Roja ».


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