« Nous allons devoir travailler comme des bêtes », prévient Svetlana Gladicheva, nouvelle présidente de la Fédération russe de ski alpin.
Dernière médaillée russe dans la discipline (argent en descente en 1994), elle est bien placée pour connaître l'ampleur de la tâche qu'elle doit accomplir d'ici au 9 février 2014 et la première épreuve de ski alpin des JO sur les pentes de Rosa Khutor.
« Mais nous avons une nouvelle équipe, une nouvelle motivation et naturellement un peu de pression » de la part des autorités russes, poursuit l'ancienne descendeuse.
Elle a confié à une équipe de techniciens « cosmopolites », venus d'Autriche, de Slovénie ou des États-Unis, le challenge de mettre la « Sbornajia » au niveau mondial en trois saisons et demie, en mettant d'abord l'accent sur les épreuves techniques (slalom et géant). Car la Russie, plutôt spécialiste des épreuves nordiques ou du hockey sur glace, part de très loin. À part la médaille de Svetlana Gladicheva, le pays n'a connu les honneurs olympiques qu'une seule autre fois en ski alpin, avec le bronze en slalom d'Evgenia Sidorova à Cortina d'Ampezzo en 1956. Avec l'effondrement de l'Union soviétique, les crédits pour cette discipline secondaire se sont asséchés et la formation des jeunes a périclité.
Aujourd'hui, les compétiteurs russes, qui n'ont jamais été légion en Coupe du monde, se comptent sur les doigt d'une seule main, hommes et femmes confondus. Et ils végètent dans les profondeurs des classements.
Les moyens financiers ne manquent pas
Le géantiste Stepan Zuev, 22 ans, rêve néanmoins « d'une médaille d'or » à Sotchi. Le skieur de Kirovsk, à vol d'oiseau à moins de 300 km de Levi (Finlande), où se disputera les 13 et 14 novembre la seconde étape de la Coupe du monde, en est encore loin : lors de la première manche du géant d'ouverture à Sölden (Autriche), finalement annulé pour mauvais temps, Zuev a terminé 52e à 3 sec 61/100 du meilleur temps réalisé par le Français Cyprien Richard.
« Il faut être réaliste, tempère le Slovène Urban Planinsek, ancien entraîneur en chef de son équipe nationale, chargé d'encadrer le groupe technique masculin. Nous voulons simplement faire bonne figure aux Jeux. » Traduction : terminer dans les trente premiers.
Les ingrédients pour remplir l'objectif Sotchi sont là, selon lui. Parmi la cinquantaine de skieurs de l'équipe nationale figurent de « jeunes talents » prometteurs, qui s'aguerrissent en Coupe d'Europe (l'antichambre de la Coupe du monde). Et les moyens financiers ne manquent pas : comme les plus grandes équipes, les Russes ont effectué cet été leur préparation dans l'hémisphère Sud. « Il faut simplement que les skieurs prennent confiance en eux », juge Urban Planinsek.
Outre de bons résultats en compétition, l'offensive de charme du ski en Russie passe aussi par le développement touristique : « Les stations ne sont pas aussi modernes qu'en Europe de l'Ouest. Il y a peu de canons à neige et les remontées sont vieilles », insiste la présidente de la fédération. Le Kremlin cherche notamment à attirer des investisseurs avec quelques milliards pour créer des stations dans le Nord-Caucase.
« Si tout se passe comme prévu, nous pourrons véritablement viser des médailles pour les JO 2018 », espère Svetlana Gladicheva.


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