Les deux principaux partis d'opposition en Birmanie, déjà désavantagés au cours de la campagne électorale, ont accusé hier le parti de la junte d'avoir commencé à « tricher », à deux jours des premières élections dans le pays depuis vingt ans. « Nous avons appris que le Parti de la solidarité et du développement de l'Union (USDP, projunte), avec les autorités des circonscriptions, essayait d'obtenir des votes en avance en trichant, achetant ou menaçant les gens », écrit le Parti démocrate (PD) dans un courrier adressé à la commission électorale. « Nous condamnons vivement ce genre de vote en avance illégal », a déclaré Thu Wai, président du PD, dénonçant une manœuvre « bien planifiée ». La Force démocratique nationale (NDF) a indiqué avoir obtenu des informations similaires, évoquant ainsi la ville de Dawei (Sud), où les autorités tenteraient de recueillir pas moins de 20 000 voix sur 40 000 inscrits avant dimanche. « Il est significatif que l'USDP, détenteur de l'autorité, essaye de tricher », a regretté Khin Maung Swe, patron de la NDF. « Nous devons attendre de voir comment réagit la commission électorale ». Après plusieurs jours de coupures sporadiques et de connexions ralenties, le réseau Internet semblait d'autre part totalement coupé hier à Rangoun, faisant craindre une volonté de la junte d'empêcher toute transmission d'informations lors du scrutin. L'Occident et la diaspora birmane à l'étranger considèrent l'élection comme une mascarade destinée à doter le régime militaire d'un vernis civil et parlementaire. Le dernier scrutin, en 1990, avait été remporté par la Ligue nationale pour la démocratie (LND) de l'opposante Aung San Suu Kyi, qui n'a jamais été autorisée à prendre le pouvoir et boycotte cette consultation. Mais le parti LND a décidé de boycotter les élections, ce qui lui a valu d'être dissous par la commission électorale. Et ce sont des transfuges du parti, déçus par ce choix stratégique, qui ont choisi de créer la NDF. Mme Suu Kyi est quant à elle toujours en résidence surveillée mais pourrait être libérée après les élections. Dans cette hypothèse, son plus jeune fils, qui vit en Grande-Bretagne et ne l'a pas vue depuis 10 ans, était à Bangkok hier.
Les deux principaux partis d'opposition en Birmanie, déjà désavantagés au cours de la campagne électorale, ont accusé hier le parti de la junte d'avoir commencé à « tricher », à deux jours des premières élections dans le pays depuis vingt ans. « Nous avons appris que le Parti de la solidarité et du développement de l'Union (USDP, projunte), avec les autorités des circonscriptions, essayait d'obtenir des votes en avance en trichant, achetant ou menaçant les gens », écrit le Parti démocrate (PD) dans un courrier adressé à la commission électorale. « Nous condamnons vivement ce genre de vote en avance illégal », a...
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