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Liban - Le Commentaire

Le Liban reste soumis, par sa faute, à des tutelles inavouées

Jusqu'à quand le Liban restera-t-il gouverné par les étrangers, proches ou lointains ? Jusqu'à quand continuera-t-il à montrer qu'il est incapable de s'assumer ? Jadis, sous l'Empire ottoman, il avait été placé, pour une période assez brève, sous la coupe de caïmacams puis régi par un le régime stabilisateur de la moutassarifya, qui avait duré. De cette époque tranquille vient le dicton « heureux qui possède au Liban un pieu pour y attacher sa chèvre ». Par contre, en ces temps-là, la situation économique était bien difficile, et il y a eu des famines. D'où de fortes vagues d'émigration. Vint ensuite, au sortir de la grande guerre, le mandat français, qui s'est accompagné de la mise en place d'institutions d'État. Puis, avec l'indépendance acquise en 1943, une parenthèse positive d'autogestion, sans intervention de décideurs étrangers, sauf aux élections, présidentielles ou législatives. En 1959, ce sont les Américains et le bikbachi Nasser qui ont établi le régime chehabiste. Les interférences sont ensuite restées limitées jusqu'en 1975, année où tout a volé en éclats. En 1989, Taëf a consacré la tutelle syrienne, qui était en réalité une véritable occupation, avec un gauleiter régnant à partir de Anjar, appelée à se prolonger jusqu'en 2005. Les Syriens formaient les gouvernements comme ils l'entendaient, divisaient pour régner. Ils parachutaient à leur guise tout le staff politique libanais, du président de la République à la majorité écrasante des députés, en passant par les hauts fonctionnaires. Faisant de l'indépendance et de la souveraineté du Liban une pure fiction uniquement inscrite sur le papier.
Après le retrait forcé de leurs troupes, les Syriens ont réussi un rétablissement progressif d'influence, grâce à leurs partisans du cru, anciens ou nouveaux. Ils opèrent à travers des réseaux implantés dans toutes les communautés comme dans toutes les régions. Obtenant un pouvoir puissant de nuisance et de blocage. Comme on l'a vu lors de la longue crise de la présidentielle, puis pendant les cinq mois qu'il a fallu pour former un gouvernement. Sous la menace des armes, le chantage a permis de dénaturer le verdict des urnes. Pour trancher qu'elle fût, la majorité a été obligée de coopter le 8 Mars opposant au sein du cabinet. Au nom d'une prétendue démocratie de consensus, et bonjour la vraie démocratie, Taëf et la Constitution. En exergue, le fait que la conférence de Doha a été placée sous le parrainage des étrangers, en l'occurrence la Syrie, dont les orientations ont été décisives, et Qatar. Donc, une fois de plus, les Libanais, trop divisés, ont montré qu'ils ne sont pas en mesure de régler leurs problèmes entre eux. Plus exactement, ils lient le contentieux local à la lutte des axes extérieurs opposés, que chaque camp suit. Pour en obtenir, en échange, un appui dans sa propre lutte intérieure de pouvoir. Donc, finalement au Liban, l'autre, comme on dit, ce n'est pas l'étranger, mais le compatriote. Ce déficit du sens national fait que les velléitaires extérieurs d'immixtion se pressent désormais au portillon. Jadis, ils n'étaient qu'un ou deux : le Turc, le Britannique, le Français, l'Américain ou l'Égyptien. Aujourd'hui, on en dénombre au moins huit : les États-Unis, Israël, la France, la Syrie, l'Arabie saoudite, l'Iran, l'Égypte et Qatar. Sans compter les « conseils pressants d'amis », comme l'UE, l'ONU ou la Grande-Bretagne. Tout ce monde commande et recommande sans vergogne dans les détails même des affaires intérieures libanaises. En se servant de la scène locale pour régler leurs comptes, par fractions libanaises interposées, comme on le voit tout particulièrement dans le front du Liban-Sud, semi-ouvert à dessein. Et tant que ces parties ne s'entendent pas entre elles, le Liban ne connaît ni tranquillité ni stabilité politique. Il reste ainsi exposé, à tout moment, à des éruptions de violence, frontalière ou de rue. À la merci, par exemple, d'un accord entre la Syrie, l'Iran et l'Arabie saoudite sur le TSL, l'acte d'accusation et le dossier dit des faux témoins. Le mot de la fin à l'ambassadrice de Grande-Bretagne, Frances Guy, déclarant lors d'une rencontre au Centre Issam Farès que « le problème essentiel des Libanais réside dans leur pli de toujours demander conseil au-dehors ».
Jusqu'à quand le Liban restera-t-il gouverné par les étrangers, proches ou lointains ? Jusqu'à quand continuera-t-il à montrer qu'il est incapable de s'assumer ? Jadis, sous l'Empire ottoman, il avait été placé, pour une période assez brève, sous la coupe de caïmacams puis régi par un le régime stabilisateur de la moutassarifya, qui avait duré. De cette époque tranquille vient le dicton « heureux qui possède au Liban un pieu pour y attacher sa chèvre ». Par contre, en ces temps-là, la situation économique était bien difficile, et il y a eu des famines. D'où de fortes vagues d'émigration. Vint ensuite, au sortir de la grande guerre, le mandat français, qui...
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