C'est en fait une baisse par rapport à la précédente grande consultation nationale, en 2008, lorsque des mesures controversées comme le mariage homosexuel en Californie avaient pour but d'attirer les électeurs vers les urnes et de les faire élire au passage leur président. En ces temps de morosité économique, « organiser un référendum d'initiative populaire revient très cher », explique la politologue Jeannie Drage Bowser, de la Conférence nationale des Parlements d'État. Mais certains groupes d'intérêt n'ont eu aucun mal à financer leurs initiatives : l'industrie pétrolière a ainsi consacré 3,6 millions de dollars à une proposition visant à suspendre la loi qui limite les émissions de gaz à effet de serre en Californie. Celle-ci n'entrerait en vigueur qu'une fois que le taux de chômage de l'État serait tombé à 5,5 % et resterait à ce niveau pendant au moins un an. Pour l'heure, ce taux dépasse 12 % de la population active... Dans l'État de Washington (Nord-Ouest), des chaînes de distribution ont payé 3,1 millions de dollars pour organiser une initiative qui autoriserait la vente d'alcool en dehors des régies publiques. Des associations sont aussi à l'origine de référendums, comme dans le Missouri (centre), où des amis des animaux veulent mieux réglementer les chenils et proposent de criminaliser « la cruauté dans les usines à chiots ».
En Californie, c'est le milliardaire George Soros qui a donné un million de dollars pour la proposition qui vise à légaliser la marijuana, dans un État où le cannabis à usage médical est autorisé depuis 1996. Quatorze autres États ont adopté depuis des lois similaires. En Arizona et Dakota du Sud, les électeurs sont appelés à autoriser l'usage du cannabis à des fins médicales. Dans ce dernier État, ils doivent aussi se prononcer sur une abolition de la réglementation antitabac.
Dans neuf États, des propositions visent à réduire les impôts, particulièrement dans le Colorado, où l'État ne se retrouverait selon une étude qu'avec un budget de 38 millions de dollars si ces initiatives étaient adoptées. À la clé : une économie d'impôts de 1 360 dollars par an et par famille. Dans cet État comme en Arizona et en Oklahoma, les électeurs se prononceront en outre sur un blocage de la réforme de l'assurance maladie, grande victoire législative de Barack Obama.


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