M. el-Hout a pointé du doigt le cas de la Turquie, qui a signé avec le Liban un accord aérien en 2009, accusant les autorités turques d'imposer des contraintes horaires à la MEA pour éviter qu'elle ne concurrence les compagnies locales. « Nous ne sommes pas contre la politique de ciel ouvert, nous réclamons simplement le respect du principe de réciprocité », a-t-il ajouté. Il a également cité, à titre d'exemple, la liaison Beyrouth-Koweït. Cette dernière ne peut être rentable pour la MEA qu'en hiver, avec un maximum de quatre vols quotidiens, or les compagnies koweïtiennes assurent aujourd'hui six vols (contre deux pour la MEA). « Les avions sont vides et les tarifs appliqués sont inférieurs aux coûts, mais nous sommes obligés de maintenir nos vols pour ne pas perdre des parts de marché », a-t-il affirmé. La loi sur la libéralisation de l'espace aérien arabe votée au Parlement en 2006 prévoit pourtant la possibilité de prendre des mesures de sauvegarde en cas de capacité excédentaire ou de guerre des prix, mais les autorités libanaises ne font rien. En outre, « une compagnie de transport aérien ne peut pas fonctionner uniquement sur une base saisonnière », a poursuivi el-Hout. « La différence est très importante au Liban entre les prix proposés lors du pic saisonnier et ceux affichés au cours de la saison creuse », a-t-il précisé. Enfin, Mohammad el-Hout a évoqué les répercussions du contexte politique instable sur le secteur du transport aérien. Se référant aux accrochages survenus au cours du mois du ramadan, il a déclaré que ces tensions ont causé le recul significatif des réservations.
Au regard de tous ces facteurs négatifs pour la compagnie d'aviation, le PDG de la MEA a, par voie de conséquence, appelé à développer les activités hors saison, tels les congrès et les conférences. « Mais pour cela, il faut assurer un minimum de stabilité », a-t-il insisté. « Parallèlement, l'État doit investir dans l'infrastructure nationale pour être en mesure d'accueillir davantage de touristes », a-t-il ajouté, avant de conclure : « Je ne me fais pas de souci pour la MEA, qui a déjà réussi à se redresser par le passé - même si la compagnie a payé le prix fort pour s'en sortir. Si les décisions adéquates avaient été prises en 1992, nous aurions pu économiser entre 500 et 600 millions de dollars de pertes. Voilà pourquoi j'estime qu'il ne faut pas attendre que la situation se dégrade encore plus avant de réagir. »


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