Le vote des expatriés, mais également le nouvel âge électoral et la proportionnelle risquent de passer à la trappe. Des députés, alertés, relancent avec insistance le ministère des Affaires étrangères. Pour qu'avec le concours de nos consulats de par le monde, il établisse rapidement les mécanismes devant permettre aux expatriés de voter. Les obstacles techniques sont nombreux. Mais, estiment ces politiciens, cela n'autorise pas le ministère à baisser les bras. Or dans un rapport attribué à ses services, il serait écrit, selon des sources informées, que « la participation en question aux élections de 2013 est difficile, voire impossible. Les intéressés ne votent pas du fait que l'envie leur en manque ».
L'attitude de laxisme que les professionnels reprochent au palais Bustros est d'autant plus répréhensible, à leurs yeux, que le département de l'Intérieur a, pour sa part, accompli tout ce qui lui incombait dans l'application de la nouvelle loi dès 2009. Mieux même, il a informé les AE qu'il met à leur disposition toutes ses capacités. Ajoutant que sur le plan général, il reste prêt à assurer toute contribution entrant dans ses attributions. Mobilisé à fond, car le vote des expatriés est un droit constitutionnel que consacre la loi. Ce qui induit que toutes les parties, sans exception aucune, doivent s'y soumettre en toute bonne volonté. Coopérer pour qu'un citoyen libanais, un compatriote, puisse exercer son droit de vote où qu'il se trouve.
Explications
Bien entendu, le ministre des Affaires étrangères, Ali Chami, ne peut aller contre ce principe ni contre cet état d'esprit. Il déclare que l'émigré libanais votera en 2013, après règlement des difficultés qu'il faut traiter, au niveau des mécanismes. Il affirme avec force qu'il est lui-même pour la participation des émigrés à l'opération électorale, à la vie politique du pays, pour qu'ils y restent attachés, en rapport, et qu'ils songent à y retourner, pour y investir.
Chami explique ensuite que les difficultés évoquées sont liées aux réponses indicatives en provenance de nos légations pour ce qui est des ressources humaines (le personnel nécessaire), le coût financier des besoins logistiques et les moyens de communication. Il cite également le comportement des pays hôtes, dont les réticences à l'exercice d'un droit politique extranational sur leur sol ne peuvent être levées qu'à travers des protocoles d'entente bilatéraux.
Le ministre certifie, ensuite, que son département se conforme à la loi 25/2008, notamment pour ce qui est du chapitre X englobant deux articles-clés, le 104 et le 114. Et qu'il respecte les dispositions de la déclaration ministérielle concernant le droit de vote des émigrés. Promis, faut-il le rappeler, dans le discours d'investiture du président Michel Sleiman. Chami ajoute qu'il a invité tous les ressortissants de pays étrangers d'origine libanaise avérée à inscrire leurs enfants dans nos consulats, pour faciliter l'opération électorale de 2013.
Mais des députés, dont le spécialiste des naturalisations et des questions identitaires Neemetallah Abi Nasr, se plaignent du laxisme et de la négligence dont feraient montre, selon eux, des directeurs généraux du palais Bustros et des chefs de mission à l'étranger. Abi Nasr souligne que les Nations unies et l'Union européenne soutiennent, dans leurs programmes d'assistance à l'État libanais, la cause de la participation des expatriés à la vie politique. Il trouve dès lors tout à fait honteux le laisser-aller du palais Bustros, selon ses termes, et de certains des directeurs qui y sont en poste. Il ne manque pas de rappeler que le Liban est l'un des pays qui ont immensément besoin de leur diaspora. Il est donc révoltant de la voir tenue pour rien par des fonctionnaires qui ont fait opposition devant les commissions parlementaires à tout ce qui se rapporte aux droits légitimes des expatriés. En soulevant des objections aussi bien à la récupération de la nationalité libanaise par des ressortissants de pays étrangers d'origine libanaise. Nationalité souvent perdue par inadvertance par leurs aïeux : au début des années 20 du siècle dernier, après le démantèlement de l'Empire turc, ils n'avaient pas reçu l'avis leur indiquant que, désormais, ils devraient solliciter une carte d'identité libanaise.

