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Économie - Monnaies

L’« aussie » à parité avec le dollar US

Le dollar australien a atteint hier la parité avec le billet vert pour la première fois depuis fin 1983, après une ascension vertigineuse qui n'a pas jusque-là handicapé ses exportations, un « exploit » à l'échelle mondiale.
Hier, le dollar australien, ou « aussie » est monté jusqu'à 1,0003 dollar US, son niveau le plus fort depuis que les autorités australiennes ont décidé de laisser flotter la devise en décembre 1983. Il est ensuite retombé autour de 99,50 cents US. L'aussie a profité d'un accès de faiblesse du billet vert, plombé par les propos du président de la Réserve fédérale américaine (Fed), Ben Bernanke, qui a déclaré, toujours hier, que son institution était prête à soutenir davantage l'économie américaine.
Dans un contexte général tendu de « guerre des changes », où chaque pays tente de limiter la valeur de sa monnaie pour favoriser sa balance commerciale, l'Australie bénéficie d'un atout indéniable : elle vend des matières premières à la Chine, qui achète même au prix fort. Depuis le début de l'année, le dollar australien a grimpé de 11 % face au billet vert. Face à l'euro, il a engrangé 12 % durant la même période, atteignant en septembre un niveau record depuis l'introduction de monnaie unique européenne en janvier 1999. Le dollar australien profite à plein de son statut de « monnaie des matières premières » (« commodity currency » en anglais), au même titre que les devises de pays comme la Nouvelle-Zélande, le Canada ou l'Afrique du Sud, dont l'économie dépend de l'exportation de matières premières.
L'Australie est parmi les leaders mondiaux en ce qui concerne la laine et le blé, mais aussi le charbon et le minerai de fer, dont la Chine a absolument besoin pour alimenter une industrie en pleine croissance.
Or l'Australie est le principal fournisseur du géant asiatique en minerai de fer, dont elle représente plus de 40 % des importations. En position de force, le pays a ainsi réussi à éviter la récession au moment où la plupart des économies occidentales plongeaient.
Mais l'Australie dispose d'une plus grande capacité de résistance grâce à des fondamentaux solides et une croissance robuste : son produit intérieur brut (PIB) a dépassé les attentes au deuxième trimestre 2010, progressant de 1,2 %. Autre signe de solidité du système australien : les banques du pays « ont traversé la crise sans la moindre égratignure », explique Neil Mellor, analyste chez BNY Mellon. Malgré son niveau élevé, l'aussie garde ses attraits aux yeux des investisseurs car il bénéficie aussi du taux directeur élevé de la Banque centrale australienne, maintenu à 4,50 %, alors que la Fed américaine maintient le sien entre 0 et 0,5 %.
Mais les analystes sont désormais partagés sur la suite des événements. Pour Jane Foley, de Rabobank, « la question n'est pas de savoir si la parité dollar australien/dollar américain va se maintenir, mais jusqu'où le dollar australien va aller ». À l'inverse, Raghav Subbarao, de Barclays Capital, pense que « la parité ne va pas durer » et que le dollar australien va revenir à des niveaux jugés plus proches de ses fondamentaux, aux alentours de 83 cents US.

Le dollar australien a atteint hier la parité avec le billet vert pour la première fois depuis fin 1983, après une ascension vertigineuse qui n'a pas jusque-là handicapé ses exportations, un « exploit » à l'échelle mondiale.Hier, le dollar australien, ou « aussie » est monté jusqu'à 1,0003 dollar US, son niveau le plus fort depuis que les autorités australiennes ont décidé de laisser flotter la devise en décembre 1983. Il est ensuite retombé autour de 99,50 cents US. L'aussie a profité d'un accès de faiblesse du billet vert, plombé par les propos du président de la Réserve fédérale américaine (Fed), Ben Bernanke, qui a déclaré,...
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