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Économie - Rapport

La région MENA surmonte « lentement » la crise, selon la Banque mondiale

Le bilan de la situation économique au Moyen-Orient, présenté par la Banque mondiale lors de l'assemblée annuelle du Fonds monétaire international (FMI), a fait état d'une nette amélioration de la conjoncture actuelle dans la région, même si la reprise demeure fragile en raison de plusieurs facteurs conjoncturels et infrastructurels.

Shamshad Akhtar, vice-présidente de la Banque mondiale (BM) pour la région Moyen-Orient et Afrique du Nord (MENA), lors de la présentation du rapport de la BM samedi dernier au siège du Fonds monétaire international (FMI). Photo Dalal Médawar.

Selon le dernier rapport semestriel de la Banque mondiale (BM), présenté en fin de semaine dernière par Shamshad Akhtar, Farrukh Iqbal et Elena Ianchovichina, experts chargés du Moyen-Orient au sein de l'organisme, la reprise est « assurément » en cours dans la région du Moyen-Orient et d'Afrique du Nord (MENA). Toutefois, le rapport a indiqué que cette amélioration demeurait faible comme en témoigne la croissance de 4 % prévue en 2010, soit une progression de moins de 2 % par rapport à l'an dernier - contre une évolution de 5,6 et 4,5 % en 2010 pour les pays développés et émergents, respectivement. « La croissance de la région MENA ne devrait reprendre son taux moyen d'avant-crise qu'en 2011 - 2012 », a noté le rapport. En parallèle, plusieurs obstacles, déjà présents avant la récession, n'ont toujours pas été traités sérieusement par les pays concernés, notamment au niveau de certaines réformes structurelles.

Une demande infrastructurelle « énorme »
Plus spécifiquement, le sous-développement de l'infrastructure routière continue aujourd'hui encore de freiner la circulation des biens et de la main-d'œuvre dans la région, ce qui se répercute sur la croissance économique des pays arabes. « La région MENA doit investir entre 75 et 100 milliards de dollars par an pour maintenir son taux de croissance atteint ces dernières années, d'une part, et pour augmenter sa compétitivité, d'autre part. L'investissement privé au niveau de l'infrastructure est limité dans la région (...) tandis que la demande est énorme », a ainsi indiqué la BM.
Cette dernière a d'ailleurs annoncé samedi dernier que son bras privé - la Société financière internationale (SFI) - allait, en partenariat avec la Banque islamique de développement (BID), bientôt lever des fonds pouvant totaliser jusqu'à un milliard de dollars pour contribuer à réduire l'écart infrastructurel dans la région.
En outre, la région MENA demeure toujours très dépendante des marchés occidentaux, notamment en termes d'exportation de carburants pour les pays du Golfe. Enfin, la mauvaise performance des réseaux de télécommunication dans certains pays (dont le Liban), le manque de régulation financière (notamment concernant la finance islamique), auxquels s'ajoutent un taux de chômage non des moins élevés et plusieurs poches d'instabilité politico-sécuritaire, représentent actuellement autant de problèmes à surmonter le plus rapidement possible. « Une gestion macroéconomique saine et une approche prudente vis-à-vis de la régulation des marchés financiers a aidé les pays de la région MENA a échapper à une crise grave », a tempéré Mme Akhtar, ajoutant que la priorité pour les pays arabes était aujourd'hui de maintenir leur croissance « pour être en mesure d'exploiter leur base solide de ressources humaines et matérielles, dans laquelle ils ont investi tout au long des dernières décennies ».

Une région aux besoins disparates
Tandis que les pays du Golfe ont été le plus durement touchés par la récession, ces derniers sont ceux qui l'ont surmontée le plus rapidement en raison notamment de la demande toujours soutenue en hydrocarbures des pays émergents. Mais, toujours selon le rapport de la BM, la croissance économique de ces pays a été ralentie par la progression « anémique » du crédit au secteur privé et la concurrence des nations non membres de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP). La croissance des pays du Golfe, projetée à 4,2 % en 2010, devrait progresser à 5 % en 2011 avant de ralentir à 4,8 % en 2012, selon la BM, qui a souligné que ces derniers restaient dépendants de la conjoncture mondiale et ses répercussions sur les prix des hydrocarbures. À cet égard, la banque a affirmé que la diversification des activités économiques de ces pays était « cruciale » afin de réduire leur dépendance envers leur source principale d'exportation, le pétrole.
Au niveau des pays importateurs d'hydrocarbures (le Liban, la Jordanie, l'Égypte ...), le bilan de la Banque mondiale était nettement plus optimiste. Selon le rapport, cette dernière catégorie a beaucoup mieux surmonté la crise que le reste de la région, même si le contexte économique en Europe et la faible progression du crédit au secteur privé ont influencé négativement leur croissance en 2010. Le Liban était l'exception notable grâce aux importants flux de capitaux en direction des secteurs immobilier et bancaire provenant de la diaspora et des ressortissants du Golfe. En 2010, la croissance réelle du groupe des pays importateurs de pétrole devrait avoisiner en moyenne 4,9 %. « En prenant en compte une progression stable comprenant la mise en place de réformes structurelles, la croissance de ces pays devrait dépasser les niveaux d'avant-crise en 2011 et 2012, à 5,3 et 5,7 % en moyenne, respectivement », a précisé la banque. Toutefois, « la croissance de ces pays dépendra de leur engagement à mettre en place ces réformes structurelles », a mis en garde Shamshad Akhtar, vice-présidente de la BM pour la région MENA.
Selon le dernier rapport semestriel de la Banque mondiale (BM), présenté en fin de semaine dernière par Shamshad Akhtar, Farrukh Iqbal et Elena Ianchovichina, experts chargés du Moyen-Orient au sein de l'organisme, la reprise est « assurément » en cours dans la région du Moyen-Orient et d'Afrique du Nord (MENA). Toutefois, le rapport a indiqué que cette amélioration demeurait faible comme en témoigne la croissance de 4 % prévue en 2010, soit une progression de moins de 2 % par rapport à l'an dernier - contre une évolution de 5,6 et 4,5 % en 2010 pour les pays développés et émergents, respectivement. « La croissance de la région MENA ne devrait reprendre son taux moyen...
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