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Économie - Réunions Du Fmi - Conjoncture

La reprise mondiale reste fragile et inégale, souligne le FMI

La faiblesse de la reprise à l'échelle mondiale était au cœur des débats organisés à l'occasion de l'assemblée annuelle commune du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale (BM), qui se tient actuellement à Washington. Mais la « guerre des changes » - qui fait rage entre certaines économies émergentes, dont notamment la Chine, et les puissances occidentales - et le débat autour du réalignement des quotes-parts au sein du FMI se sont également invités au rendez-vous.
Les conseils des gouverneurs de la Banque mondiale (BM) et du Fonds monétaire international (FMI) se sont réunis cette semaine à Washington, en vue de participer à l'assemblée annuelle du FMI qui a été inaugurée hier et se terminera demain. Les ministres des Finances et les gouverneurs des banques centrales des 187 pays membres se sont ainsi penchés sur les perspectives économiques mondiales et les obstacles principaux auxquels fait actuellement face la reprise économique mondiale. « La reprise est clairement en marche, mais elle est toujours très fragile (...). Cela est dû en partie au fait qu'elle est inégale », a déclaré jeudi le directeur général du FMI, Dominique Strauss-Kahn.
« Il existe quatre obstacles principaux menaçant la reprise (...) L'endettement des pays en fait partie », a-t-il ajouté. « Nous savons tous que certains pays font aujourd'hui face à de graves problèmes d'assainissement budgétaire. Ces derniers existaient déjà avant la crise, mais ont été exacerbés par cette dernière. Nous sommes, à cet égard, fortement partisans d'une consolidation budgétaire à moyen terme », avec la prise en compte de « la situation spécifique de chaque pays », a ainsi souligné M. Strauss-Kahn. Autre obstacle, selon le DG du FMI, la faiblesse de la croissance, insuffisante notamment en raison du fort taux de chômage dans certains pays. « Il est évident que la crise ne sera terminée que lorsque les taux de chômage auront baissé de manière significative », a martelé à cet égard Dominique Strauss-Kahn, qui a appelé, en parallèle, à une réforme plus concrète du secteur financier. « Beaucoup a été fait au niveau de la régulation - mais nous avons maintenant besoin d'une supervision accrue. Vous pouvez voter autant de lois que vous voulez, ne pas les appliquer n'aura servi à rien », a-t-il souligné, appelant enfin les pays à se mobiliser pour plus de coordination à l'échelle mondiale.
Plusieurs hauts responsables du FMI avaient déjà exprimé leur inquiétude vis-à-vis de la fragilité de la reprise, notamment aux États-Unis et en Europe, car plombée par de nouvelles turbulences sur les marchés financiers, un taux élevé de chômage (un peu moins de 10 % aux USA) ou encore de faibles progrès au niveau de la consommation et de l'investissement.
Lors des réunions préliminaires à l'ouverture officielle de l'assemblée annuelle, le conseiller financier et directeur des marchés monétaires et de capitaux au sein du FMI, José Vinals, avait prévenu mardi que le système financier demeurait le « talon d'Achille » de la reprise économique, les marchés n'étant pas l'abri de nouvelles turbulences. « Les risques de volatilité au sein du secteur financier demeurent élevés; il est crucial que les banques centrales ne baissent pas leur garde et soient prêtes à intervenir le plus rapidement possible en cas de nouvelle crise », a-t-il expliqué.
De son côté, le conseiller économique et directeur de la recherche au FMI, Olivier Blanchard, a également souligné mercredi l'aspect bancal de la reprise, avec une croissance plutôt poussive dans les pays développés (2,7 % pour 2010 et 2,2 % l'année suivante), contre quelque 7,1 % en 2010 et 6,4 % en 2011 pour les économies émergentes. « Nous pronostiquons une croissance de 9,4 % cette année pour les pays émergents d'Asie, suivis de 8,4 % en 2011 », a-t-il ajouté.
Dans son rapport annuel pour 2010, le Fonds a d'ailleurs indiqué que la croissance à l'échelle mondiale devrait ralentir en 2011 à 4,2 %, contre 4,8 % en 2010.

La guerre Nord-Sud
Le sujet de la guerre des changes s'est, par ailleurs, invité à la table des discussions (voir encadré). « Beaucoup a été dit au sujet de cette guerre », a souligné à cet égard Dominique Strauss-Khan. « Certains pays considèrent leur devise comme une arme; cela n'est certainement pas positif pour l'économie mondiale. Il est compréhensible que face à la volatilité des marchés, d'autres pays réagissent », a déclaré le DG du FMI, faisant ainsi allusion au conflit opposant certaines économies émergentes dont la Chine (qui sous-évalue sa monnaie nationale, le yuan, pour favoriser son commerce extérieur) aux pays développés. « Mais nous souhaitons tous le réajustement de l'économie mondiale (....) et espérons que le FMI jouera un rôle médiateur face à ce conflit », a-t-il ajouté.
Autre sujet récurrent au sein des débats, des discussions formelles ou informelles et des tables rondes qui ont pris place ces derniers jours au FMI, la surreprésentation de certains pays au détriment d'autres au sein du conseil d'administration du Fonds. À cet égard, M. Strauss-Kahn a fermement pris position en faveur d'un rééquilibrage plus réaliste de la composition du conseil par le biais de l'augmentation du nombre de sièges détenus par les pays émergents, confirmant par ailleurs qu'au moins 5 % du nombre total des quotes-parts devraient être cédés dans les prochaines années par les pays occidentaux, en faveur des pays en voie de développement (PED).
Les conseils des gouverneurs de la Banque mondiale (BM) et du Fonds monétaire international (FMI) se sont réunis cette semaine à Washington, en vue de participer à l'assemblée annuelle du FMI qui a été inaugurée hier et se terminera demain. Les ministres des Finances et les gouverneurs des banques centrales des 187 pays membres se sont ainsi penchés sur les perspectives économiques mondiales et les obstacles principaux auxquels fait actuellement face la reprise économique mondiale. « La reprise est clairement en marche, mais elle est toujours très fragile (...). Cela est dû en partie au fait qu'elle est inégale », a déclaré jeudi le directeur général du FMI, Dominique...
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