Photo prise en juin 1976 de Georges Salomon, décédé le 5 octobre 2010 à l’âge de 85 ans. Photo AFP
Sa secrétaire générale, Anne-Marie Berrette, qui a travaillé pendant 33 ans à son côté, rend hommage à « un humaniste visionnaire », soucieux de ses troupes.
C'est en effet Georges Salomon qui hissa l'entreprise au rang de numéro un mondial de la fixation de ski dans les années 70, après avoir mis au point les premières fixations à câble en 1952, qui remplacèrent les lanières de cuir.
Dès le milieu des années 60, c'est encore lui qui inventa les fixations à déclenchement automatique, aussitôt adoptées par les champions de ski.
Émile Allais, premier médaillé olympique français de ski alpin en 1936, se souvient ainsi du « côté visionnaire » de celui qui l'avait alors mis à contribution pour réaliser les essais d'un de ses modèles de fixation, baptisé « Allais ».
« Il s'est toujours battu pour que les champions de ski s'équipent avec sa marque. C'était pour lui la preuve que son produit était des plus performants », raconte Gilles Chappaz, réalisateur de films sur le monde de la montagne.
Fils d'ouvrier, Georges Salomon, instituteur de formation et père de trois enfants, commença par créer, dans son atelier d'Annecy, dédié à la confection de lames de scies à bois, des carres pour skis, avant de se lancer dans les fixations, dont il ne cessera d'améliorer les performances.
À partir des années 80, Georges Salomon décide de diversifier la marque et acquiert la marque de golf Taylor Madeet, l'équipementier pour cycles Mavic ou encore le fabricant de vêtements pour snowboard Bonfire.
« Il avait parfaitement conscience que le ski seul ne pourrait pas pérenniser le groupe », assure Gilles Chappaz.
En 1997, alors que la marque est rachetée par Adidas, Georges Salomon quitte la direction du groupe, qui emploie alors près de 2 000 personnes dans le monde. Puis, en 1995, Adidas revend à son tour la marque à Amer.
« Il a très mal vécu la bagarre des marques et les différents rachats », poursuit Gilles Chappaz.
Retiré sur les bords du lac d'Annecy, Georges Salomon a continué pendant plusieurs années à assister à des compétitions de ski, un comble pour celui qui pratiquait le ski « uniquement pour des besoins professionnels afin de ramener les doléances des skieurs », raconte Gilles Chappaz.


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