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Nos lecteurs ont la parole

C’est le pétrole, vous dis-je

Par Hala MOUBARAK
On avait besoin d'une raison pour justifier la guerre.
Celle qui vient, celle qu'on voit se profiler de jour en jour en lisant entre les lignes, en imaginant des scénarios, en écoutant les vieux et les moins vieux, en cherchant à gauche ou à droite, ou même du côté des centristes qui sont très peu nombreux... En faisant des demi-tours ou des tours complets... Qu'on se le dise !
On avait besoin d'une raison pour monter sur nos grands chevaux et pour pouvoir justifier tous nos mirotons qui s'en vont en guerre. Enfin, c'est pour bientôt. Non pas demain matin, mais après-demain peut-être.
La guerre est là. À tous ceux qui ne la voient pas, il faudrait peut-être des
lunettes.
Et puis il nous faudrait surtout pouvoir être francs et directs avec le monde entier, pour leur déclarer ouvertement que nous avons tous, et je dis bien tous, besoin des armes du Hezbollah.
Parce que, voyez-vous, l'armée libanaise, si guerre il y aura, a besoin d'armes, de munitions, d'uniformes, de casques. Et quand des pays désirent nous aider, c'est un hélicoptère qu'ils nous envoient pour éteindre les feux de forêts, ou alors des ambulances. On en aura besoin dans tous les cas : les hélicoptères pour éteindre la quantité de maisons en feu, les ambulances pour transporter la population à évacuer.
La raison de la guerre, la voici : c'est le pétrole.
La raison de toutes les guerres de ce siècle est l'histoire de cette huile visqueuse dont nous sommes tous dépendants. Une histoire d'or noir qui ne fait que nous ruiner au lieu de nous enrichir. Et qui, de surcroît, enrichit les riches en appauvrissant les pauvres.
Grâce à Dieu donc , nous avons trouvé du pétrole. Du gaz aussi...
Et on nous le confirme. Parce qu'à peine la trouvaille faite, les pays voisins commencent à se disputer les parts du gâteau. Donc les Libanais, les Israéliens et les Chypriotes vont devoir se disputer notre précieux hydrocarbure. Déjà la tension commence à monter entre Beyrouth et Tel-Aviv. Résultat : les Libanais revendiquent leur droit légitime et les Israéliens leur droit envahissant. Comme d'habitude. Ah ! Aznavour, si vous pouviez venir faire un petit tour du côté de chez nous.
Pour commencer, Israël et Chypre devront négocier la délimitation des frontières maritimes.
Non, ce n'est pas une blague. Dire qu'on n'arrive même pas à délimiter les frontières terrestres, et voilà qu'on nous demande de fixer nos frontières maritimes.
Et Israël qui viole notre espace aérien toute la journée, et qui fait fi de l'ONU, des lois et des droits les plus élémentaires. Et vous voulez me faire croire qu'on aura une part du gâteau?
C'est un conte de fées, n'est ce pas ? Ou alors j'ai dû me tromper de chaîne de
télévision.
Et nous restera-t-il des
enfants ?
Parce qu'au final, et pour être honnête avec le monde qui nous regarde, on n'aura pas de choix à faire. C'est ou bien la guerre, ou bien la guerre.
Que ce soit au nom du pétrole, du désarmement du Hezbollah, de la lutte contre le terrorisme, ou bien au nom de je ne sais quelle politique, le résultat sera le même.
On devra nous réconcilier avec Dieu, et prier pour rester en vie. Ou alors prier dès aujourd'hui pour éviter de nouveaux massacres.
On avait besoin d'une raison pour justifier la guerre.
Aujourd'hui, nos voisins ont un tas de raisons pour que la guerre ait lieu. Et pour que le forage n'ait pas lieu. Je me souviens de cette aventure chez Cléopâtre et de Panoramix disant à Obélix : « Trois parts Obélix, j'ai dit trois parts. »
Je ne sais plus si je dois en rire ou en pleurer.
On avait besoin d'une raison pour justifier la guerre.Celle qui vient, celle qu'on voit se profiler de jour en jour en lisant entre les lignes, en imaginant des scénarios, en écoutant les vieux et les moins vieux, en cherchant à gauche ou à droite, ou même du côté des centristes qui sont très peu nombreux... En faisant des demi-tours ou des tours complets... Qu'on se le dise !On avait besoin d'une raison pour monter sur nos grands chevaux et pour pouvoir justifier tous nos mirotons qui s'en vont en guerre. Enfin, c'est pour bientôt. Non pas demain matin, mais après-demain peut-être.La guerre est là. À tous ceux qui ne la voient pas, il faudrait peut-être des lunettes.Et puis il nous faudrait surtout pouvoir être francs et directs avec le...
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