Dima el-Horr : un premier long-métrage qui en annonce d’autres. (Michel Sayegh)
de Dima el-Horr.
Avec Hiam Abbass, Manal Khader et Raïa Haïdar
Présenté en ouverture des Journées cinématographiques de Beyrouth (Ayyam Beyrouth al-cinema'iya), le premier long-métrage de la jeune cinéaste est un véritable ravissement pour les yeux. Non que pour Dima el-Horr il apparaisse que la vie est vraiment festive - bien au contraire puisqu'il y a une rupture évidente entre le titre et le contenu -, mais parce qu'il y a cette luminosité qui accompagne les trois actrices tout au long du long-métrage. Une certaine lumière intérieure qui invite le spectateur à faire le parcours avec elles.
Après un tournage qu'elle qualifie de difficile, car les lieux (le Hermel) par leur aridité, par leur isolement, par leur sécheresse, n'offraient pas les conditions idéales pour une équipe, Dima el-Horr, qui a écrit le scénario avec Rabih Mroué (cet artiste multidisciplinaire qui a exécuté avec elle plusieurs projets), parvient à réaliser après plusieurs années de réflexion et de recherches de fonds une œuvre oscillant entre le réel et l'onirique. « Il y a ce fil indicible entre la réalité et l'imaginaire, a-t-elle dit lors de notre rencontre, et j'ai aimé jouer sur ce flottement, cet espace entre deux mondes où même le spectateur se voit entraîner avec plaisir, mais comme hypnotisé. »
C'est dans ce bus qui emmène un groupe de femmes se rendant à la prison visiter leurs maris que tout va basculer. Perdues dans l'immensité d'un univers aride, sans repères et sans lien avec le monde extérieur, trois d'entre elles vont se retrouver confrontées à elles-mêmes, à leurs propres vies.
C'est avec pudeur, sans verser dans le pathos, ni dans les combats féministes stériles, que la réalisatrice croque le portrait de ces femmes fortes et solides allant à la rencontre d'elles-mêmes. Baignée dans des silences éloquents, l'action, à l'image d'un road-movie au rythme volontairement lent, renvoie à des références cinématographiques, comme Thelma and Louise (ces femmes qui prenaient un jour leur destin en main), tout en étant bien ancrée dans une réalité orientale précise : l'absence de l'homme, le danger qui guette tous les jours cette partie du globe, les fantômes du passé (photos de décédés que portent toutes ces veuves), et enfin la mort omniprésente, moche, illustrée par ces charognes de bêtes.
Face à cette sombre réalité que sous-tend une grosse solitude, les femmes marchent ensemble mais ne savent pas où elles vont aboutir. « Je n'ai pas tenu à établir une vraie amitié entre ces caractères. D'ailleurs, ces femmes ne se racontent pas grand-chose, souligne Dima el-Horr. Venues de milieux différents et portant chacune son propre fardeau de souvenirs, elles vont faire ce petit bout de chemin ensemble, en se soutenant, en tombant chacune à son tour, mais aussi en se relevant. » N'est-ce pas donc là la vraie signification de Chaque jour est une fête ?
Metropolis Empire Sofil, Espace, Empire Sodeco
The American,
d'Anton Corbijn
Avec George Clooney et Thekla Reuten
Dans The American, on apprend que George Clooney est américain, qu'il a des tatouages sur le dos et sur le bras, qu'il fait de la musculation sans pour autant avoir des biceps. Qu'il est américain (pardon, americano, mais ça on l'a déjà dit) et qu'il sait parler l'italien (Nespresso oblige). Qu'il a un penchant prononcé pour les femmes et qu'il sait manier les armes à la perfection. Mais à part cela, l'action de The American est un sujet on ne peut plus ordinaire avec un déroulement on ne peut plus prévisible et une finale aussi. Traité à l'ancienne, ce film rappelle certaines œuvres des années 70 où les héros, sorte d'ange déchu et maudit, cherchaient une quelconque rédemption.
Car c'est de cela qu'il s'agit. Edward est un tueur à gages qui accomplit sa dernière mission avant de se retirer du métier. Dissimulé dans le petit village de Castel del Monte, il ne sait pas qu'il va à la rencontre de son destin.
Certes, l'interprétation particulière de George Clooney est à noter, mais ce qui retient le plus dans ce film, c'est l'atmosphère qui se dégage des Abruzzes et les routes escarpées du village. Un paysage qui a été rarement filmé dans les tournages et qui est expressif d'un certain climat.
Empire Dunes, Grand Cinemas ABC, Planète Abraj/ Zouk


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