Rechercher
Rechercher

Lifestyle - Histoire

Le retour des bateaux « cousus » sur la Méditerranée

Bulent Kilic/AFP

Des Turcs passionnés ont reconstruit les bateaux qui croisaient en Méditerranée il y a 5 000 ans, et dont les éléments étaient « cousus » avec des cordes. Un projet qui les conduira en Grèce, et permettra de mieux comprendre les échanges commerciaux de l'âge du bronze.
« C'est une première mondiale, pour la première fois, on reconstruit ces embarcations qui naviguaient des Cyclades (Grèce) aux côtes de la Turquie actuelle », s'enthousiasme Hayat Erkanal, archéologue à l'Université d'Ankara, et directeur de ce projet réalisé par l'association turque 360 degrés.
Sous les applaudissements des pêcheurs et des habitants du petit port d'Urla, près d'Izmir (ouest de la Turquie), 12 hommes ont propulsé par de vigoureux coups de pagaies ce bateau de 14 mètres de long, lors d'une petite cérémonie de présentation ponctuée par un feu d'artifice. À l'arrière de cette étrange silhouette, qui ressemble plus à une longue barque plate qu'à un bateau de mer, le capitaine Osman Erkurt, fondateur de cette association d'archéologie maritime, manœuvrait l'aviron faisant office de gouvernail.
La grande originalité de ces bateaux (deux sont construits, et le chantier d'un troisième, de 19 mètres, démarre), est leur mode de construction : les planches du fond et les bordés sont assemblés par des cordes, véritable « couture » qui court sur tout le navire. Aucune autre attache n'est utilisée entre les planches. L'humidité gonfle la corde, qui elle-même bouche les orifices, assurant à l'ensemble une bonne étanchéité.
Les embarcations sont la réplique aussi parfaite que possible des bateaux qui évoluaient à partir des Cyclades et dont on trouve le dessin sur des vases, ou des plats en cuivre, vieux de 5 000 ans, qui sont exposés au British Museum ou dans les musées d'Athènes, explique Hayat Erkanal. « Ces navires étaient l'unique vecteur entre les grands ports de la région, dont Limantepe (l'actuelle Urla). Et nous savons que certaines pièces trouvées dans les fouilles ici proviennent des Cyclades. Il y avait un commerce intense, on transportait des olives, du vin, de l'obsidienne », une roche volcanique utilisée pour faire des armes, ajoute le marin-archéologue Osman Erkurt. « Ces reconstitutions nous permettront de mieux connaître ces techniques de construction et de navigation, et les relations commerciales qui existaient à l'époque dans la région », ajoute le responsable de l'association.
Pourquoi ces bateaux étaient-ils cousus ? C'est une technique simple et efficace (encore utilisée en Asie), explique Hayat Erkanal. « Et il faut se resituer dans l'époque. Certes nous sommes à l'âge du bronze, mais cet alliage est rare et cher, et on l'utilise pour faire des armes, pas des navires. »
En avril prochain, les bateaux « cousus » s'élanceront vers les Cyclades. « Mais j'ai peur d'affronter la haute mer, car ces embarcations à fond plat, assez bas sur l'eau, semblent plus faites pour les rivières ou les lacs... En fait, on ne sait pas grand-chose d'elles, car il n'y a pas de littérature » sur le sujet, reconnaît le capitaine.
L'association 360 degrés, qui est financée par des armateurs, des municipalités et des Chambres de commerce et soutenue par l'université d'Ankara, n'en est pas à son coup d'essai, en matière de réplique de navires oubliés. Elle a notamment construit en l'an dernier une birème, une galère antique à rames et à voile, qui a effectué un long périple, de la Turquie à la France, en passant par la Grèce.
Des Turcs passionnés ont reconstruit les bateaux qui croisaient en Méditerranée il y a 5 000 ans, et dont les éléments étaient « cousus » avec des cordes. Un projet qui les conduira en Grèce, et permettra de mieux comprendre les échanges commerciaux de l'âge du bronze.« C'est une première mondiale, pour la première fois, on reconstruit ces embarcations qui naviguaient des Cyclades (Grèce) aux côtes de la Turquie actuelle », s'enthousiasme Hayat Erkanal, archéologue à l'Université d'Ankara, et directeur de ce projet réalisé par l'association turque 360 degrés.Sous les applaudissements des pêcheurs et des habitants du petit port d'Urla, près d'Izmir...
commentaires (0) Commenter

Commentaires (0)

Retour en haut