« Le Liban est un pays chanceux », a affirmé Marcus Marktanner lors de la présentation du rapport de la Cnuced. Photo Mahmoud Kheir
Le rapport 2010, intitulé « Emploi, globalisation et développement », a étudié les principales tendances et interdépendances de l'économie mondiale sur fond de crise internationale, mettant notamment en garde contre le risque d'une spirale déflationniste.
Le Liban ne doit pas dormir sur ses lauriers
Même si le rapport « ne s'est pas spécifiquement penché » sur le cas du Liban, se focalisant sur un découpage régional plus vaste, l'expert allemand Marcus Marktanner n'a pas hésité, au cours de la conférence, à qualifier le pays du Cèdre de cas « unique », affirmant que le pays avait globalement plutôt bénéficié des retombées de la récession mondiale, « la pire depuis les années trente », tandis que les autres pays de la région et du monde en subissaient les conséquences de plein fouet. « Le Liban est un pays chanceux dans un environnement très malchanceux », a-t-il noté, ajoutant toutefois que le pays devrait, selon lui, utiliser les importantes rentrées de capitaux provenant de l'étranger en investissant dans des projets durables. L'expert a également préconisé des mesures en faveur de la stabilisation de la demande, sur le plan local, ou encore l'assainissement des finances publiques. En parallèle, certaines recommandations de la Cnuced pouvaient également être perçues comme applicables au cas libanais, dont notamment le soutien au secteur rural ou l'investissement du public dans l'infrastructure.
Halte aux politiques d'austérité budgétaire
À l'échelle mondiale, le rapport a dégagé une dizaine de lignes directrices principales adressant les sujets les plus actuels, les problèmes les plus pressants et les solutions les plus viables - le tout dans un contexte toujours marqué par la crise. À cet égard, la Cnuced a indiqué que la reprise économique mondiale restait fragile - même si le produit intérieur brut (PIB) réel mondial devrait croître d'environ 3,5 % en 2010, selon les estimations du rapport (après une contraction de près de 2 % en 2009 - la première contraction depuis la Seconde Guerre mondiale).
L'organisme des Nations unies a en outre mis en garde contre une spirale déflationniste, à l'échelle mondiale, avec l'extension de l'austérité budgétaire à l'ensemble de l'Europe. Si les pays abandonnent prématurément les politiques macroéconomiques de relance de la demande pour tenter de réduire leurs déficits budgétaires et de regagner la confiance des marchés, il leur faudra compter sur les exportations pour la reprise, ce qui posera le problème des « profiteurs », précise le rapport.
Autre sujet d'inquiétude - également abordé au Moyen-Orient par le Fonds monétaire international (FMI) au cours des tables rondes d'étudiants organisées cette année : l'emploi. Malgré le rebond récent, bon nombre de pays enregistrent aujourd'hui leurs plus forts taux de chômage depuis quarante ans, et le ratio emploi-population au niveau mondial est en recul depuis 2008, indique à cet égard le rapport. « Il est donc nécessaire de poursuivre la politique budgétaire expansionniste pour éviter une spirale déflationniste et une aggravation supplémentaire de la situation de l'emploi », ajoute la Cnuced.
Toujours à ce sujet, le rapport affirme que les pays en développement étaient confrontés à des défis particuliers en matière d'emploi, notamment en raison de la croissance rapide de leur population active, et suggère plusieurs mesures afin de pallier ce problème grandissant.
Enfin, d'autres sujets et propositions, comme la croissance des exportations, les enjeux du marché et la concurrence, le besoin de promouvoir la consommation intérieure et l'investissement, ou encore le rôle des secteurs dits « traditionnels » et la nécessité de soutenir le développement rural, étaient également inclus dans cette analyse fouillée du contexte économique mondial, dont le rôle peut être résumé en ces termes, selon Marcus Marktanner : « Ce rapport indique clairement les menaces pour le commerce et le développement à l'échelle mondiale. Il montre également comment transformer ces menaces en opportunités. »

