Les dépôts, qui représentent près de 82 % du bilan des banques, ont constitué encore une fois le principal moteur de cette croissance. Dans l'ensemble, les dépôts des clients ont augmenté de 6,1 milliards de dollars, soit une hausse de 6,4 % sur la période couverte, passant de 95,8 milliards de dollars fin décembre 2009 à 101,9 milliards fin juillet 2010. Bien que cette croissance soit inférieure à celle enregistrée durant la même période de l'an dernier, elle reste importante en comparaison avec la croissance moyenne enregistrée au cours de la même période des neuf années précédentes.
La croissance fulgurante des dépôts enregistrée en 2009 avait été favorisée, rappelle-t-on, par un important flux de capitaux, suite à la crise financière internationale, qui avait fait du Liban une terre refuge pour les capitaux fuyant la débâcle. En termes de répartition des dépôts par type de clients, une lecture approfondie des chiffres montre que les dépôts des résidents ont été à la source de cette croissance au cours des sept premiers mois de l'année, représentant près de 88 % des dépôts. En outre, une analyse de la croissance des dépôts par devises révèle que les dépôts en monnaie locale ont enregistré une très forte croissance au cours des sept premiers mois de 2010, représentant fin juillet 62 % des dépôts. Notons toutefois que pour le seul mois de juillet, les dépôts en monnaie étrangère ont augmenté de 1,5 milliard de dollars, tandis que les dépôts en monnaie locale n'ont crû que de 354 millions de dollars.
Ainsi, le taux de dollarisation des dépôts, qui n'avait cessé jusque-là de reculer, a légèrement rebondi, passant à 62,9 % fin juillet 2010, après s'être établi à 62,5 % fin juin - un plus bas depuis 10 ans. Notons également que pour le seul mois de juillet, la base de dépôts a augmenté de 1,8 milliard de dollars, dont 1,3 milliard provenant de la croissance des dépôts des résidents et 557 millions de celle des dépôts des non-résidents.
Les prêts bancaires fin juillet
Dans ce contexte d'excès de liquidités, combiné à une politique incitative de la part de la Banque centrale, et à la lumière de la reprise progressive des économies de la région, l'activité d'emprunt a connu un essor important au cours des sept premiers mois de l'année. Ainsi, les prêts bancaires accordés aux résidents et aux non-résidents ont augmenté de 4,5 milliards de dollars, passant de 28,4 milliards de dollars fin décembre 2009 à 32,9 milliards fin juillet, soit une hausse de 15,8 %.
Cette hausse sans précédent constitue désormais un record comparé à la même période des neuf années précédentes, et elle est même supérieure aux 3,3 milliards de dollars de prêts accordés sur toute l'année 2009. Cet essor s'explique par la solidité et la flexibilité des banques locales, qui leur ont permis de répondre aux besoins de financement de l'économie libanaise. L'activité d'emprunt a concerné essentiellement les résidents du secteur privé, dont les prêts ont représenté près de 82 % de la croissance globale au cours des sept premiers mois de l'année.
Concernant la distribution des prêts par devises, les prêts en livres ont représenté 32,7 % de la croissance des prêts, grâce à la politique incitative de la Banque du Liban (BDL) visant à contenir l'excès de liquidités en livres, en baissant les taux d'intérêt sur les produits en monnaie locale. Le ratio de dollarisation des prêts a ainsi continué à diminuer - légèrement toutefois - pour s'établir à 81,7 % fin juillet. Notons que pour le seul mois de juillet, les prêts accordés aux résidents ont augmenté de 530 millions de dollars, tandis que les prêts accordés aux non-résidents ont augmenté de 617 millions de dollars.

