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Cinema-

Échos de festivals

De Gaulle Eid, un cinéaste qui s’interroge. (DR)

«Chou Sar ?» de De Gaulle Eid

Chou Sar ?, c'est l'histoire d'un gars qui a quitté son pays il y a dix-neuf ans (comme tant d'autres Libanais), s'est installé en Corse, s'est marié et a fondé une famille. Chou Sar ?, c'est l'histoire d'un homme qui a assisté dans son enfance au massacre de treize membres de sa famille (comme beaucoup d'autres Libanais aussi) et se trouve en droit de se poser des questions.
Mais aussi Chou Sar ?, c'est l'histoire d'un film où les faits sont racontés à la manière d'un cinéaste, d'un artiste. « Une narration fictive », dit De Gaulle Eid, réalisateur du film. Comme un thriller émotionnel qui concerne des milliers de Libanais qui se trouveront embarqués dans cette action qui leur semblera familière. Mais auront-ils l'occasion de voir Chou Sar ? Car ce documentaire projeté à Dubaï, Milan, San Sebastian où il obtient le prix du meilleur docu et qui est prévu encore de voyager, puisqu'il sera présent à la 33e édition de Montpellier. Ce film, qui a obtenu également le prix Ahmed Attia, ne verra peut-être pas le jour au Liban. Et pour cause. La censure libanaise, toujours aussi présente.
Après avoir poursuivi des études de cinéma à l'Université d'art et de lettres d'Aix-en-Provence, De Gaulle Eid devient d'abord assistant de Jean-Daniel Pollet et, de 1996 à 2004, de Youssef Chahine. Aujourd'hui, le cinéaste avoue ne pas vouloir jeter de l'huile sur le feu ni accuser quelconque. Le doigt accusateur qu'il pointe pourtant est sur la composition d'un État qui demeure jusqu'à présent encastré dans sa forme clanique, ses clivages religieux et
confessionnels.
C'est à travers cette narration homogène, construite d'une façon pyramidale, avec tous les éléments qui la constituent (bande-son, photo, dialogue, script) et faisant des données cinématographiques bien précises, que De Gaulle Eid a mûri son projet durant quelques années avant de le réaliser. « Ce film me tenait à cœur. Il fallait qu'il ait une vie après. Par conséquent, lui donner la matière et la substance qu'il faut. »
Ce documentaire s'apparente également à un road movie. La caméra suit le réalisateur, également protagoniste du film, à partir du moment où il quitte la Corse, décidé à revenir au Liban pour ouvrir sa petite enquête sur l'assassinat de ses parents en 1980, dans le village de Edbel, au Nord, jusqu'à son arrivée au pays, sa confrontation avec la famille, pour finir dans un moment culminant de son entrée au village où passé et présent se confondent sur fond de murmures des enfants. «Cette enquête n'engageait que moi, dit-il, je voulais savoir.»
Au nom de tous les miens, pourrait-on dire, et au nom de tous ceux qui sont morts. Il ne suffit pas d'oublier et de tourner la page. Il est important de ne pas rester dans l'ignorance, de confronter les coupables comme l'a fait De Gaulle Eid avec beaucoup de pudeur et de courage. C'est ainsi que le pardon viendra naturellement et qu'on pourra enfin ouvrir une page vierge de l'histoire du Liban.
«Maintenant, après avoir achevé ce film, je suis en paix avec moi-même. J'ai accompli mon devoir. J'ai réalisé ce cinéma réel, inspiré de ma réalité et de celle d'autres comme moi. Il était essentiel pour moi que je brise le monde du
silence.»

« Les Aiguilles » de Jessy Moussalem

Présenté déjà à deux festivals libanais, ...né à Beyrouth et Cinnemaiyat d'Ehden, le premier court-métrage de Jessy Moussalem intitulé Les Aiguilles poursuit sa route, sûrement, et acquiert l'adhésion du public. Il sera également présent au festival du NDU en janvier 2011 et celui de Dubaï en décembre prochain.
Mais auparavant, Les Aiguilles était le fruit de trois années d'études à l'ALBA. Un projet de licence qui couronne l'achèvement du cursus d'audiovisuel de cette étudiante de 20 ans. Projet qui fit d'elle une des majors de sa promotion.
Si Les Aiguilles raconte le quotidien solitaire et monotone d'une couturière qui croit avoir rencontré l'autre âme sœur, ces aiguilles-là évoquent également (et c'est là où Moussalem joue sur les mots) le passage du temps qui est omniprésent dans cette œuvre.
Dans un espace aux couleurs chaudes, Anais, la couturière qui vit seule dans son atelier, organise son travail au rythme des heures. À côté, un voisin au quotidien aussi régulier et ennuyeux que le sien s'adonne aux chiffres. Pourront-ils se retrouver? Communiquer? L'amour est-il une équation mathématique comme l'a posée Moussalem? En travaillant la lumière (un contraste évident entre les deux intérieurs), l'espace temps, l'image que signe Jeremy Boudjok, mais également et surtout les différents plans toujours rapprochés de ses personnages comme pour sonder leur intérieur, Jessy Moussalem a réussi une première œuvre, intimiste et réaliste à la fois. Une œuvre qui annonce d'autres à venir et qui témoigne du potentiel de cette jeune cinéaste libanaise. Affaire à suivre.
«Chou Sar ?» de De Gaulle Eid Chou Sar ?, c'est l'histoire d'un gars qui a quitté son pays il y a dix-neuf ans (comme tant d'autres Libanais), s'est installé en Corse, s'est marié et a fondé une famille. Chou Sar ?, c'est l'histoire d'un homme qui a assisté dans son enfance au massacre de treize membres de sa famille (comme beaucoup d'autres Libanais aussi) et se trouve en droit de se poser des questions. Mais aussi Chou Sar ?, c'est l'histoire d'un film où les faits sont racontés à la manière d'un cinéaste, d'un artiste. « Une narration fictive », dit De Gaulle Eid, réalisateur du film. Comme un thriller émotionnel qui concerne des milliers de Libanais qui se trouveront embarqués dans cette action qui leur...
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