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Moyen Orient et Monde - Grande-Bretagne

Blair défend dans ses Mémoires ses deux guerres, contre Brown et Saddam

Dans « A Journey », l'ex-Premier ministre estime que sa principale « erreur politique » a été d'abolir la chasse à courre.

Tony Blair avoue dans son autobiographie, qui a été publiée hier, un penchant pour la boisson, né du stress engendré par sa rivalité avec Gordon Brown. Photo AFP

Tony Blair défend sa décennie au pouvoir dans une autobiographie retentissante parue hier. La lecture de A Journey (Un voyage), un pavé de 718 pages, frappe par le style direct, débarrassé de toute langue de bois et riche en révélations intimes. L'auteur y confesse notamment un penchant pour la boisson, né du stress engendré par sa rivalité avec Brown qui fut, dix années durant, son ministre des Finances avant de lui succéder au 10 Downing street. « Un whisky ou un gin tonic à l'apéritif, et un ou deux verres de vin, voire une demi-bouteille » au dîner. Il n'y avait rien là « d'excessivement excessif », mais cela devenait « une béquille », confie Tony Blair.
L'ancien Premier ministre ne mâche pas ses mots à l'encontre de Brown. « Esprit brillant », « Meilleur chancelier de l'Échiquier qui puisse être pour le pays » et donc indéboulonnable, c'était aussi « un type étrange », « exaspérant », dépourvu « d'intelligence émotionnelle » et « très, très difficile ». Blair qualifie de « désastre » les trois années de son dauphin à la tête du gouvernement et le rend personnellement responsable du fiasco électoral survenu en mai dernier. L'échec a mis fin à treize années de pouvoir travailliste et permis l'élection du conservateur David Cameron à la tête d'une coalition.
La raison ? Brown aurait tourné le dos aux principes fondamentaux qui ont fait du « New Labour » - sous l'impulsion de Blair - une machine à gagner trois élections successives. Le programme économique du candidat Cameron était « meilleur », a commenté hier M. Blair dans une interview à la BBC qui résonne comme un avertissement à ceux des cinq candidats à la direction du Labour qui seraient tentés par « un virage à gauche ».
Avocat de profession, Tony Blair décortique non sans brio ses succès : la modernisation du Labour; sa « lune de miel » avec le pays dont il voulait faire « le phare de l'univers »; son engagement « pour défendre la monarchie contre elle-même » au moment où elle paraissait ne pas partager le chagrin du peuple après la mort de la princesse Diana; la paix en Irlande du Nord. Mais il s'attarde particulièrement sur l'Irak : « Une guerre impopulaire, menée avec un président républicain américain très impopulaire », George Bush, qu'il « aimait et admirait pour son intégrité ». Il regrette les morts du conflit vécu comme « un cauchemar » et qui lui vaut une impopularité durable dans son pays et au-delà, si l'on considère qu'elle lui a coûté la présidence de l'Union européenne en 2009. L'auteur a d'ailleurs cédé les droits de ses Mémoires - à commencer par une avance évaluée à 5,6 millions d'euros - à un centre de réhabilitation des victimes.
« Sur la base de ce nous savions, je reste persuadé que laisser Saddam au pouvoir était un risque plus important pour notre sécurité que de le renverser », en dépit « des conséquences terribles » de l'intervention. « Il n'y avait pas d'alternative », a-t-il ajouté à la BBC, empruntant une formule chère à « la Dame de fer », l'ex-Premier ministre Margaret Thatcher.
Son erreur politique majeure ? L'abolition de la chasse à courre, qui a jeté plus d'un million de manifestants dans les rues du royaume. « Je me suis senti comme un renard traqué », commente Blair non sans humour.
Nombre de médias ont immédiatement critiqué « l'exercice d'autosatisfaction », tandis que les militants antiguerre se mobilisent pour manifester à l'occasion de la première séance de dédicaces prévue le 8 septembre à Londres.
Tony Blair défend sa décennie au pouvoir dans une autobiographie retentissante parue hier. La lecture de A Journey (Un voyage), un pavé de 718 pages, frappe par le style direct, débarrassé de toute langue de bois et riche en révélations intimes. L'auteur y confesse notamment un penchant pour la boisson, né du stress engendré par sa rivalité avec Brown qui fut, dix années durant, son ministre des Finances avant de lui succéder au 10 Downing street. « Un whisky ou un gin tonic à l'apéritif, et un ou deux verres de vin, voire une demi-bouteille » au dîner. Il n'y avait rien là « d'excessivement excessif », mais cela devenait « une béquille », confie Tony...
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