Yoann Gourcuff sur le banc des remplaçants face au PSG. Jean Tigana a voulu « punir » son meneur de jeu qui avait exprimé le souhait de quitter Bordeaux. Fred Dufour/AFP
Les jours, peut-être les heures du meneur international en Gironde semblent bel et bien comptés. Alors qu'on le pensait intéressé, impliqué par l'« opération reconquête » confiée à Jean Tigana après un premier semestre 2010 désastreux, l'appel de la Ligue des champions a donc fait son chemin et motivé son désir de rejoindre la capitale des Gaules. Tout s'est accéléré samedi après-midi lorsque Gourcuff a rencontré son président Jean-Louis Triaud pour lui faire part de son souhait, entrevue « confirmée » dimanche soir par l'entraîneur Jean Tigana. Sans clash ni ultimatum, à son image.
À vrai dire, l'intérêt de Gourcuff pour l'OL n'est pas une surprise tant son nom a circulé cet été du côté de Gerland, tant le montant de sa clause de sortie fixée à 26,5 millions d'euros a aussi fait débat au sortir d'une Coupe du monde cauchemardesque et vu le contexte économique actuel.
Depuis le 1er août, celle-ci n'a plus cours, a révélé Nicolas de Tavernost, le président du directoire de M6, actionnaire majoritaire du club girondin.
Huit jours pour repenser le collectif
L'OL, en quête d' « un joueur haut de gamme », selon son président Jean-Michel Aulas, a donc réactivé la piste, apparemment par des réseaux sentimentaux - les internationaux Hugo Lloris et Jérémy Toulalan, amis de Gourcuff - et sachant l'intérêt commun, ne devrait pas tarder à formuler une offre avoisinant les 20 millions d'euros dans les prochaines heures. Faute de Ligue des champions à proposer à son joueur cette saison, Bordeaux, déficitaire à hauteur de 15 millions d'euros, ne fera sans doute pas le difficile à la lecture du chèque annoncé, même s'il doit renforcer un concurrent direct. Car une telle offre ne se présente pas tous les jours, parce que le temps presse aussi.
Jouer la montre ? L'expérience l'a toujours montré, il n'est bon pour personne de vouloir garder un joueur contre son gré, et même s'il existe un précédent récent avec Marouane Chamakh, qui voulait lui aussi quitter Bordeaux en août 2009 pour rejoindre l'Angleterre avant de se raviser et de réaliser sa meilleure saison, les derniers doutes devraient vite être levés.
Dimanche, Gourcuff, sûrement pas à 100 % mentalement, a débuté le match sur le banc, histoire pour son entraîneur Jean Tigana de voir, déjà, ce que peut donner son effectif sans son meneur attitré.
Jussiê, son suppléant, légèrement touché, le Breton a joué les 22 dernières minutes, le temps de réaliser sa 22e et sûrement dernière passe décisive sous les couleurs marine et blanche. Une sortie heureuse, comme il en a tant vécu pendant près deux ans avec un club qui l'a relancé en 2008 et fait roi en 2009. Désormais, le temps joue pour Aulas et Gourcuff, un peu moins pour les Girondins qui ont à peine huit jours pour repenser leur collectif, réactiver certains contacts (le Lillois Yohan Cabaye). Mais avec des millions en poche, on peut souvent gagner du temps, parole de Lyonnais.


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