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Liban

Un Libanais à la recherche de sa petite fille perdue au Brésil

Kamal al-Khatib recherche désespérément sa fille, Maria Paulina, née dans une banlieue de Rio de Janeiro, il y a huit mois. Il appelle le Liban à adhérer à la convention de La Haye, relative à l'enlèvement international d'enfant par l'un de ses parents.

Kamal a peur de ne plus revoir sa fille.

Kamal al-Khatib, 38 ans, fonctionnaire des Nations unies, est tombé amoureux en janvier 2008 d'un Brésilienne, Helena Pereira, 23 ans, alors qu'il était en vacances au Brésil.
Tout se passe très vite, après leur première rencontre, Kamal retourne brièvement au Brésil en mars de la même année. Après son retour, Helena le suit à Beyrouth et s'installe dans la capitale libanaise. Le couple se marie le même été à Chypre, repart ensuite au Brésil pour la cérémonie à l'église et la réception puis rentre au Liban. La jeune femme tombe enceinte en 2009 et décide avec son époux qu'elle ira accoucher dans son pays natal.
Quelques mois avant son accouchement, Helena part au Brésil, Kamal la suit peu avant la naissance de Maria Paulina. Le couple habite avec la famille de la jeune femme. Kamal reste sept semaines après l'accouchement. Le jour du départ, il embrasse sa femme et sa fille. La petite famille devrait se retrouver quelques semaines plus tard, en mars 2010, à Beyrouth.
Kamal rentre au travail et s'attend à revoir sa fille bientôt. « Mais un jour, c'était le 27 janvier 2010, alors qu'on chattait sur Internet, Helena m'informe qu'elle ne rentrera plus au Liban, qu'elle compte garder la petite Maria Paulina avec elle et qu'elle a déjà lancé une procédure de divorce », dit-il.
Kamal tente tant bien que mal de lui faire changer d'avis. En mars, il repart au Brésil. « Je suis resté à Rio, tous les jours je faisais quatre heures de trajet, entre trains et bus, pour voir ma fille. Elle m'a reconnu tout de suite. Elle était heureuse d'être dans mes bras. Tous les jours je lui donnais le bain, lui chantais des berceuses », raconte-il. « J'étais parti dans le but de faire changer Helena d'avis, mais j'ai su que ma femme m'a intenté un procès, dans lequel elle m'accuse de plusieurs choses que je n'ai pas faites et qui font de moi un criminel au regard de la loi brésilienne. J'ai donc vite décidé de rentrer au Liban », ajoute-t-il.
Kamal a vu sa fille quelques jours avant de repartir vers le Liban. Il avait trois adresses e-mail de sa femme, dont l'un au nom de leur propre fille. « Après mon retour, on s'est envoyé des messages. Et puis, elle a annulé deux de ses adresses e-mail, dont celui qui était au nom de Maria Paulina », indique-t-il.

136 jours sans nouvelles
« Depuis 136 jours, je n'ai plus aucune nouvelle de ma fille. Helena a aussi annulé son profil Oskud, l'équivalent brésilien de Facebook ; les e-mails que j'envoie me reviennent à l'exception de ceux envoyés à une seule adresse mais depuis 136 jours, Helena refuse de me répondre », dit-il.
« Je pouvais encore voir ma fille virtuellement, mais Helena est en train d'effacer toutes les traces virtuelles de l'enfant, j'ai peur qu'elle efface ses traces réelles et que je ne puisse plus la revoir », poursuit-il.
Kamal al-Khatib ne baisse pas les bras pour autant et compte récupérer sa fille coûte que coûte. Il a formé un groupe sur Facebook, recueillant des signatures qu'il envisage de présenter plus tard au ministère libanais des Affaires étrangères. La pétition signée appelle le Liban à signer la convention de La Haye, créée le 25 octobre 1980, et qui porte sur « les aspects civils de l'enlèvement international d'enfants ». Cette convention œuvre à garantir le retour immédiat d'enfants déplacés ou retenus illicitement par l'un de leurs parents dans un État contractant. Elle vise aussi à faire respecter les droits de garde, de visite et d'hébergement des enfants dans les pays contractants.
Jusqu'à présent Kamal a recueilli plusieurs centaines de votes.
« Je fais cela pour les parents de toutes les nationalités qui ont épousé, un Libanais ou une Libanaise. Je sais qu'il y a beaucoup de parents, des hommes et des femmes dans ma situation. Et il faut que les choses bougent. Si le Liban signe la convention, les parents qui retiennent des enfants nés de mariages contractés avec un Libanais ou une Libanaise pourront au moins être poursuivis par leur propre pays et par Interpol », explique-t-il.
Kamal a essayé de solliciter l'aide du ministère des Affaires étrangères, de l'ambassade du Liban au Brésil, en vain. Il s'est aussi adressé au ministère brésilien des Affaires étrangères qui l'a informé, par le biais du palais Bustros, que le Liban n'a pas signé la convention de La Haye relative à l'enlèvement des enfants.
Il évoque l'histoire d'un Libanais qui a enlevé ses enfants à leur mère brésilienne. « Au Brésil, ils en font toute une histoire, mais, moi, je suis dans la même situation. Ni le Brésil ni le Liban ne font respecter mes droits », se plaint-il.
« Je ne veux en aucun cas empêcher ma fille de vivre avec sa mère, je veux juste savoir où elle est, pouvoir la voir, lui parler, participer à son éducation. J'ai autant de droits que sa mère. Un enfant a toujours besoin de ses deux parents. On peut trouver un arrangement dans ce cadre avec Helena. Je suis prêt à signer tous les papiers nécessaires pour garantir le fait que je n'enlèverai jamais ma fille, que je n'empêcherai jamais Helena de la voir », dit-il.
« Je suis en train de lutter pour tous les parents qui ont perdu leurs enfants. Il faut que le Liban signe cette convention de La Haye pour qu'on puisse changer les choses », souligne-t-il en conclusion.
Le groupe que Kamal al-Khatib a créé sur Facebook pour récupérer sa fille s'intitule « Please Help My Baby Girl Maria Paulina Periera al-Khatib ». Pour signer la pétition sur la convention de La Haye, consulter l'adresse www.99polls.com/poll_165359
Kamal al-Khatib, 38 ans, fonctionnaire des Nations unies, est tombé amoureux en janvier 2008 d'un Brésilienne, Helena Pereira, 23 ans, alors qu'il était en vacances au Brésil. Tout se passe très vite, après leur première rencontre, Kamal retourne brièvement au Brésil en mars de la même année. Après son retour, Helena le suit à Beyrouth et s'installe dans la capitale libanaise. Le couple se marie le même été à Chypre, repart ensuite au Brésil pour la cérémonie à l'église et la réception puis rentre au Liban. La jeune femme tombe enceinte en 2009 et décide avec son époux qu'elle ira accoucher dans son pays natal. Quelques mois avant son accouchement, Helena part au...
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