L'Iran a annoncé en décembre son intention de construire plusieurs nouveaux sites d'enrichissement disséminés dans le pays, pour compléter et rendre moins vulnérables ses deux sites actuels - celui de Natanz (centre) en activité et celui de Fordo (sud de Téhéran) encore en construction. Mais l'annonce de M. Salehi intervient après l'adoption le 9 juin par le Conseil de sécurité de l'ONU d'une nouvelle résolution assortie de sanctions, réaffirmant que Téhéran devait suspendre toute activité d'enrichissement et ne pas construire de nouveau site. La communauté internationale craint que l'Iran, malgré ses dénégations répétées, ne cherche à se doter de l'arme atomique sous couvert de son programme nucléaire civil. Les dirigeants iraniens ont toutefois unanimement affirmé que ces sanctions n'empêcheraient pas l'Iran de poursuivre son programme nucléaire.
La détermination iranienne a également été marquée par la promulgation hier d'une loi votée en juillet par le Parlement qui limite la marge de manœuvre du gouvernement pour d'éventuelles négociations avec les grandes puissances sur la question nucléaire. La loi oblige notamment le gouvernement à poursuivre l'enrichissement d'uranium à 20 % lancé en février, qui inquiète particulièrement les Occidentaux et a accéléré les sanctions internationales. Elle limite également la coopération de Téhéran avec l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA).
La confirmation de la construction d'un troisième site d'enrichissement est intervenue à la veille du lancement, prévu le 21 août, de la centrale nucléaire de Bouchehr (Sud) en construction par la Russie depuis près de 15 ans. Moscou a obtenu de l'ONU que cette centrale, vue d'un mauvais œil par les Occidentaux, échappe aux sanctions, faisant valoir notamment que le combustible nécessaire à son fonctionnement serait livré par la Russie puis récupéré ensuite, une fois usagé. Le nouveau site d'enrichissement iranien devrait avoir la même capacité que celui de Natanz, selon M. Salehi. Ce dernier et d'autres dirigeants iraniens ont affirmé que Téhéran pourrait suspendre sa production d'uranium enrichi à 20 % s'il obtenait de l'extérieur le combustible dont il a besoin. « Nous attendons toujours une réponse écrite et officielle » des grandes puissances à l'offre iranienne de reprise des discussions sur cette question, a précisé hier M. Salehi.
Enfin, le représentant iranien à l'OPEP, Mohammad Ali Khatibi, cité par l'agence MEHR, a affirmé hier que les sanctions américaines et européennes n'ont posé jusqu'à présent « aucun problème » à l'Iran pour acheter de l'essence ou vendre son pétrole.


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