Il suggère plusieurs options de recettes et d'économies pour compenser cette perte de ressources afin de maintenir le budget à son niveau de 2010, soit environ 140 milliards d'euros par an (1,02 % du PIB européen) en crédits d'engagement pour la période 2014-2020.
La création d'un impôt européen est « une possibilité », insiste le commissaire.
Libéral, artisan des privatisations dans son pays, la Pologne, Janusz Lewandoswky n'aime pas cette option et ne la défend pas, souligne cependant son entourage. Mais il doit la prendre en compte, car elle est préconisée par le Parlement européen où son plus ardent défenseur est l'eurodéputé conservateur français Alain Lamassoure, président de la commission des Budgets.
Trois des plus importants contributeurs au budget communautaire, la France, l'Allemagne et le Royaume-Uni, se sont déclarés hostiles à cet impôt. « Idée parfaitement inopportune », a ainsi dit le secrétaire d'État français aux Affaires européennes, Pierre Lellouche.
Mais cet avis est loin d'être partagé par tous les Européens. Premier dirigeant à prendre position dans ce débat, le chef du gouvernement espagnol José Luis Zapatero a demandé que l'option d'un impôt européen soit considérée « avec intérêt si elle permet de fortifier l'UE ».
La Pologne, l'Autriche et la Belgique sont sur la même ligne. Le financement actuel de l'Union européenne, fondé sur des contribution des États membres, dont certains ont obtenu des rabais, « n'est pas sain », a estimé le secrétaire d'État belge, Melchior Wathelet.
Janusz Lewandoswsky reconnaît que l'UE est divisée sur le bien-fondé d'un impôt européen.
« Mais je suis convaincu que l'on peut défendre face à l'opinion une taxe sur les transactions financières où une autre forme de taxation pour le secteur financier », a-t-il déclaré à l'agence de presse polonaise PAP. « Ce serait même populaire », a-t-il ajouté.
C'est une des autres options de recettes, avec une taxe sur le transport aérien et une autre sur les revenus générés par la Bourse d'échange des quotas d'émission de CO2.
La réforme vise à corriger la dérive amorcée en 1984 lorsque, face à l'augmentation des dépenses communautaires, les dirigeants européens ont décidé de compléter le budget européen par des contributions nationales.
Initialement conçues comme un supplément, elles représentent aujourd'hui 75 % du budget de l'UE.
« Le citoyen européen alimente déjà le budget européen à travers les contributions nationales », souligne Alain Lamassoure.
Le débat sur les économies s'annonce tout aussi conflictuel que celui sur les recettes. Les coupes vont toucher les soutiens directs à l'agriculture dont la France est la principale bénéficiaire et les financements pour « les politiques de cohésion », deux postes de dépenses « sanctuarisées » jusqu'à présent.
« Est-il raisonnable que 40 % du budget européen soit consacré à la politique agricole et 40 % à la politique régionale ? » interroge M. Lamassoure.
Le chef de l'État français Nicolas Sarkozy en est convaincu et s'est déclaré prêt à « une crise en Europe » plutôt que d'accepter le « démantèlement de la politique agricole commune ».


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