En définitive, le marché de la capitale est entré dans une certaine normalité. Pour autant, il ne faut pas encore s'alarmer. Cette pause n'a rien de grave en soi après tant d'années de hausse depuis 2005.
Toutefois, la situation s'inscrit dans un contexte spécifique : fragilité de la situation militaire suite aux derniers événements au Sud-Liban, crainte sécuritaire liée à l'acte d'accusation du TSL, appétit en dents de scie des expatriés, stagnation des ventes des produits haut de gamme. Ces derniers jours, une réelle morosité s'est même installée.
À cela, s'ajoute l'évolution du pouvoir d'achat de la classe moyenne qui n'arrive pas à accéder à la propriété. Pourtant, les candidats ne manquent pas, mais beaucoup ne trouvent pas de biens à leur budget. Seules les conditions de crédits peuvent actuellement peu à peu débloquer le marché, mais cela concerne principalement les appartements de la périphérie ainsi que ceux de la capitale.
De ce fait, beaucoup d'acquéreurs préfèrent tergiverser et prendre leur temps dans l'espoir d'un prochain réajustement des prix. Cette éventualité n'est pas encore d'actualité bien que les promoteurs soient de plus en plus sous pression avec leurs invendus.
Le prix de départ minimum au centre-ville se situe autour de 6 000 dollars le m2. Devant le ralentissement des ventes, certains promoteurs hésitent à augmenter leur tarif. Ainsi, quelques projets de Wadi Abou Jmil et Minet el-Hosn affichent les mêmes prix depuis plusieurs mois.
À Achrafié, d'un quartier à un autre, les prix peuvent doubler, voire tripler dans des cas extrêmes. Les secteurs qui peuvent tirer leur épingle du jeu gravitent autour de la place Sassine. La partie nord d'Achrafié étant réservée à l'élite locale et expatriée, la classe moyenne peut par défaut se tourner vers des projets plus accessibles autour de l'AUST, Sioufi, hôtel Alexandre, hôpital Rizk, Lazarié. Ces régions disposent de petits projets d'une dizaine d'unités de 180 à 250 m2 dont les prix sont parfois inchangés depuis fin 2008.
À Ras Beyrouth, les barres symboliques de 4 000 dollars le m2 à Clemenceau ou de 5 000 dollars le m2 à Verdun ne sont pas encore totalement digérées par les clients potentiels. Les prix de ces régions sont actuellement stabilisés.
Sur le plan foncier, c'est le statu quo. Dans le contexte actuel de crispation, aucun acheteur, qu'il soit spéculateur ou promoteur, n'est prêt à payer le prix fort. En clair, les transactions ne sont pas possibles uniquement sur des bases cohérentes. Si les plus grands propriétaires terriens qui peuvent attendre vont rester inflexibles, les autres, pressés de vendre, sont pris au piège. Ils doivent accepter la réalité du marché.
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