Les bombes artisanales et les attentats-suicide - les deux modes opératoires favoris des talibans - sont la première cause de mortalité parmi les civils même si elles ne les visent pas directement mais ciblent le plus souvent les soldats étrangers ou afghans, ou des bâtiments officiels. L'ONU souligne par ailleurs que les assassinats ont quasiment doublé, notamment les meurtres de candidats aux élections législatives du 18 septembre. Cette tactique des insurgés, essentiellement à l'œuvre dans le Sud, vise également les chefs de tribus afin d'installer un climat de peur en ôtant aux villages et communautés leurs leaders traditionnels. L'ONU s'inquiète aussi de l'augmentation de 136 % des violences dans des zones du Nord-Est considérées jusque-là comme stables, comme la province de Kunduz, de Baghlan et du Badakhchan. C'est dans le Badakhchan que dix humanitaires, dont huit Occidentaux, ont été tués la semaine dernière.
Les bavures causées par les frappes aériennes de l'OTAN, longtemps mises en cause par l'ONU et par le gouvernement du président afghan Hamid Karzaï, sont en baisse de 64 %. La limitation de ces frappes, décidée en 2009 par le général McChrystal alors commandant des forces américaines et internationales, avait permis une réduction du nombre de civils tués. Le général David Petraeus, nouveau commandant des forces internationales, a édicté le 1er août des directives pour épargner les civils, poursuivant la stratégie de son prédécesseur de limiter le recours aux frappes aériennes. Dans un communiqué, le commandement de l'OTAN a rappelé que la réduction à un « minimum absolu » du nombre de civils tués était une de ses priorités, après la publication des chiffres de l'ONU.
L'intensification du conflit a également provoqué une augmentation radicale des pertes dans le contingent international. Depuis le début de l'année, 426 soldats étrangers ont perdu la vie en Afghanistan, contre 520 pendant toute l'année 2009, selon un décompte du site Internet spécialisé
icasualties.org.
Sur toute l'année 2009, plus de 2 400 civils avaient péri en Afghanistan, soit une augmentation de 14 % par rapport à 2008.


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