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Liban - Le Commentaire

Sud : le Conseil de sécurité, sempiternel responsable irresponsable

Jusqu'à quand le Liban-Sud restera-t-il une porte battant à tous les vents, un front ouvert où alternent les guerres et les trêves, sans que les forces internationales ne puissent rien contrôler de fait, rien verrouiller ? La résolution 425 de 1978 est restée lettre morte pendant vingt-deux ans, et même outrageusement dépassée lors de la grande invasion de 1982, précédée et suivie de multiples confrontations. Il y a eu ensuite la 1559, la 1681 puis la 1701, dont aucune n'a été complètement appliquée, pour soulager le Liban. Les autres parties concernées se dérobent systématiquement à leurs obligations à cet égard. En toute facilité, car le Conseil de sécurité ne fait pratiquement rien pour les y forcer.
Va-t-il se réveiller, va-t-il, à l'occasion du débat pour le renouvellement du mandat semestriel de la Finul, promulguer des dispositions contraignantes en faveur de la concrétisation totale de la 1701 ? Le Liban, pour sa part, est tenu d'assurer une zone entièrement démilitarisée au sud du Litani, en prélude à un cessez-le-feu effectif. Il doit également veiller à ce que la Finul, qui épaule son armée, reste pleinement libre de ses mouvements. Israël, de son côté, doit cesser ses incursions aériennes, maritimes ou terrestres en territoire libanais qui constituent des violations quotidiennes de la 1701. Et, à plus forte raison, il doit mettre un terme aux opérations de force genre Majdel Selm, Ghajar ou Adaïssé. Quant à la Syrie, elle se voit enjoindre clairement par la résolution onusienne d'interrompre le trafic transfrontalier d'armes à destination du Hezbollah et d'autres, avec ou sans l'accord de l'Iran.
L'essentiel reste qu'avec la 1701, le Conseil de sécurité attribue à l'ONU elle-même le tout premier des devoirs : prévenir, par le biais de ses Casques bleus, toute agression israélienne contre le Liban, ou toute provocation armée dirigée contre les forces israéliennes dans leur territoire. Le Conseil charge du suivi le secrétariat général du Palais de Verre qui doit, par conséquent, entreprendre des contacts avec toutes les parties, en cas de problème, juridique ou sur le terrain.

Mauvaise foi
Quatre ans durant, le Conseil de sécurité a laissé la 1701 pourrir dans les tiroirs. S'il s'était montré ferme, pour lui donner corps, le clash meurtrier de Adaïssé, pour un arbre (!), ne se serait jamais produit. Car personne n'aurait pu passer à l'action avant que la Finul ne règle le litige. Ou, plus exactement, ne suspende tout, car il n'est pas de son ressort de trancher si la parcelle de l'arbre est en territoire libanais ou israélien. On sait en effet que la ligne bleue, que la Finul est chargée de garder, ne suit pas le tracé des frontières internationalement reconnues séparant le Liban de la Palestine occupée.
À l'aune de la mauvaise foi manifeste des protagonistes, il serait sans doute illusoire de penser que la 1701 puisse être appliquée entièrement à l'amiable. Il est également difficile d'envisager qu'elle le soit par la force des armes. Le Liban ne peut se mesurer sur ce plan à Israël. Son armée n'en a pas les moyens, et sa résistance non plus, sa capacité se limitant à contenir l'ennemi en cas d'agression. Il n'est pas exclu, par contre, qu'une forte pression politique et populaire puisse se montrer efficace, comme cela s'est vu pour la 425 et pour la 1559.C'est-à-dire qu'un tel levier permettrait d'atteindre l'objectif recherché par le dialogue et les voies diplomatiques.
C'est, évidemment, le Liban qui y gagnerait. Tout d'abord, sur le plan de la stabilité, interne et externe. Ensuite, et cela n'est pas à négliger, sur le plan matériel. Car il n'aurait plus à se soucier d'établir un plan triennal, ou quinquennal, pour parfaire l'armement et l'équipement de son armée, au prix d'un devis et d'un surendettement énormes, alors que les caisses du Trésor sont vides. L'épargne réalisée permettrait d'alléger le remboursement de la dette publique, et de financer, dans certains cas et certains postes, des projets de développement.
Avant de décider un plan coûteux d'armement extensif de l'armée, l'État libanais doit d'abord vérifier, par une vaste relance internationale, s'il n'y a pas moyen de faire appliquer la 1701 par les voies diplomatiques. Il y a tout intérêt, car cette résolution ordonne, à travers des dispositions précises, la consécration effective de sa souveraineté et de son autorité sur l'ensemble intégral de son territoire. Auquel cas, s'il a toujours besoin d'un surcroît d'armement pour ses forces régulières, armée et FSI, cela serait moins pour faire face à Israël, qu'il ne peut rejoindre en puissance de feu, que pour mieux assurer la sécurité interne du pays.
Cependant, il est probable qu'au bout de sa quête d'informations, le gouvernement libanais constate qu'il est inutile de rêver d'une application complète de la 1701. Mais le problème d'une possible guerre qui s'en suivrait, et qui ferait tache d'huile, ne serait plus exclusivement le sien, car il concernerait également la Syrie et les Arabes.
Jusqu'à quand le Liban-Sud restera-t-il une porte battant à tous les vents, un front ouvert où alternent les guerres et les trêves, sans que les forces internationales ne puissent rien contrôler de fait, rien verrouiller ? La résolution 425 de 1978 est restée lettre morte pendant vingt-deux ans, et même outrageusement dépassée lors de la grande invasion de 1982, précédée et suivie de multiples confrontations. Il y a eu ensuite la 1559, la 1681 puis la 1701, dont aucune n'a été complètement appliquée, pour soulager le Liban. Les autres parties concernées se dérobent systématiquement à leurs obligations à cet égard. En toute facilité, car le Conseil de sécurité ne...
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