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Santé - Fêtes Musulmanes

Apprendre à gérer son diabète durant le ramadan

Malgré les avertissements médicaux et en dépit de l'avis religieux, certains fidèles atteints de diabète insistent à observer le jeûne durant le mois de ramadan. Comme chaque année, le Comité consultatif pour le diabète émet des recommandations que les patients doivent suivre durant cette période de l'année.

De gauche à droite : le Dr Akram Echtay, cheikh Amin Kerdy et le Dr Ibrahim Salti.

Dans le monde musulman, 54 % des patients souffrant de diabète de type 1 et 86 % de ceux atteints de diabète de type 2 observent le jeûne du ramadan et cela en dépit des avertissements médicaux et de l'avis religieux, selon l'étude Epidiar (Épidémiologie du diabète durant le mois de ramadan), effectuée entre 2001 et 2004 sur 12 914 patients.
Ces chiffres sont d'autant plus alarmants qu'un jeûne s'étalant sur douze, voire quatorze heures peut entraîner une hypoglycémie et parfois même une hyperglycémie (surtout si le patient souffre de diabète de type 1), si les médicaments ne sont pas pris d'une manière régulière. Cela pourrait causer un évanouissement ou une acidocétose (élévation excessive de l'acidité du sang due à une accumulation d'éléments appelés corps cétoniques et observée surtout lorsque les individus restent une longue période sans s'alimenter), auxquels s'ajoutent des problèmes liés directement à la carence en eau et en sels minéraux, comme les thromboses, ou encore le risque de développer un infarctus du myocarde.
Comment contrôler le diabète durant le mois de ramadan ? Le Comité consultatif pour le diabète a émis à cet effet des recommandations qui ont fait l'objet d'une conférence de presse organisée par les laboratoires Sanofi-Aventis à l'hôtel Le Vendôme Intercontinental. Ont pris la parole au cours de cette rencontre, les Drs Akram Echtay, président de la Société libanaise d'endocrinologie, de diabète et de lipides, Ibrahim Salti, chef du service d'endocrinologie et de métabolisme à l'hôpital de l'Université américaine de Beyrouth, Sami Azar, endocrinologue à l'hôpital de l'Université américaine de Beyrouth, ainsi que le cheikh Amin Kerdy de Dar el-Fatwa.

Qui peut jeûner ?
Selon les recommandations émises par le Comité consultatif pour le diabète, ne peuvent pas jeûner :
 Les patients atteints de diabète de type 1 :
- qui prennent 3 à 4 doses d'insuline par jour, surtout si leur glycémie est instable (brittle diabetes) ;
- qui utilisent une pompe à insuline ;
- qui prennent plus de 3 ou 4 doses d'insuline par jour et qui souffrent d'acidocétose.
Le danger est moindre pour les patients qui prennent l'insuline et le médicament régulièrement, qui ne sont pas victimes d'acidocétose ou d'hypoglycémie et qui ne prennent pas plus que deux injections d'insuline par jour. Il est toutefois préférable que ces personnes s'abstiennent de jeûner.

 Les patients atteints de diabète de type 2 :
- qui ont des troubles de la fonction rénale, une rétinopathie ou des problèmes du système nerveux ;
- qui souffrent d'une hypoglycémie sans qu'ils n'en aient pour autant conscience ;
- qui ont déjà subi une crise cardiaque ou une neuropathie ;
- qui ont souffert récemment d'une hyperglycémie, ceux dont le taux de glucose a dépassé 300 mg/dl au début du mois ou ceux qui prennent des injections multiples.

 Ne doivent également pas jeûner :
- les personnes vivant seules, de crainte qu'elles ne trouvent pas assistance au cas où elles sont sujettes à des crises rénales, ou un infarctus du myocarde ;
- les femmes enceintes ou qui allaitent, même si elles ne sont pas atteintes de diabète ;
- les personnes ayant un ulcère actif ;
- les personnes souffrant de tuberculose ;
- les personnes souffrant d'asthme ;
- les personnes ayant des troubles rénaux ;
- les personnes atteintes de cancer ;
- les personnes atteintes de troubles cardiaques ;
- les personnes ayant des problèmes au foie ;
- les personnes souffrant de maladies mentales ou psychiatriques.

Que faire durant le jeûne ?
Voici les recommandations émises par le Comité consultatif pour le diabète à l'intention des patients qui désirent observer le jeûne durant le mois de ramadan :
 Pour éviter les crises d'hypoglycémie, il est conseillé de :
- prendre le souhour (repas du matin) peu avant l'imsak (lever du soleil) ;
- modifier l'horaire, la quantité et la composition des repas en fonction des médicaments ;
- réduire l'activité physique durant la journée et se limiter à des exercices le soir, après l'iftar ;
- garder le même régime alimentaire adopté avant le mois de ramadan.

 Prise des traitements médicamenteux :
- les patients qui prennent des comprimés une fois par jour doivent prendre leurs médicaments au moment de l'iftar ;
- les patients qui prennent plusieurs comprimés par jour doivent prendre la plus grande dose juste avant l'iftar et la dose la moins forte lors du souhour ;
- les patients placés sous insuline doivent prendre l'insuline intermédiaire au moment de l'iftar.
Le Comité consultatif pour le diabète a par ailleurs émis des recommandations concernant l'éducation des patients diabétiques et de leurs familles. Selon le comité, celle-ci :
- Doit être axée sur les contre-indications, la modification du traitement des personnes diabétiques durant le mois du jeûne et sur l'importance des méthodes de contrôle médical et de l'autocontrôle du taux de glucose, deux heures après le souhour et une heure après l'iftar.
 - Doit insister sur le risque des complications aiguës et des moyens de prévention, comme sur la généralisation de l'information liée au diabète durant le ramadan.
 - Doit être menée par des infirmier(ère)s spécialisé(e)s comme par les associations de patients et les autorités concernées.
 - Doit s'effectuer avant le mois de ramadan.
Dans le monde musulman, 54 % des patients souffrant de diabète de type 1 et 86 % de ceux atteints de diabète de type 2 observent le jeûne du ramadan et cela en dépit des avertissements médicaux et de l'avis religieux, selon l'étude Epidiar (Épidémiologie du diabète durant le mois de ramadan), effectuée entre 2001 et 2004 sur 12 914 patients. Ces chiffres sont d'autant plus alarmants qu'un jeûne s'étalant sur douze, voire quatorze heures peut entraîner une hypoglycémie et parfois même une hyperglycémie (surtout si le patient souffre de diabète de type 1), si les médicaments ne sont pas pris d'une manière régulière. Cela pourrait causer un évanouissement ou une...
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