Sans vouloir extrapoler au cas libanais, ou même rentrer dans un débat sans fin, j'aimerais juste citer un proverbe romain : « Quand les catapultes seront hors la loi, tous les hors-la-loi auront des catapultes. »
Je suis complètement pour couvrir tous les sujets, dans un contexte de liberté d'expression sacro-saint, mais il faudrait faire attention à ne pas s'engager, ou s'engager dans des théories erronées et même contraires aux droits de l'homme, en l'occurrence, le droit d'autodéfense.
Pour ne pas trop tergiverser, et cela constituant un domaine où je me retrouve en quelque sorte, je voudrais rapidement faire les remarques suivantes :
- Dans toute société «civilisée», les services de sécurité (police, sécurité intérieure, etc.) qui forment ce que l'on appelle la sécurité organisationnelle (opposée à l'individuelle) sont par définition des services réactionnels, donc non préventifs. Ils sont appelés a réagir contre toute infraction, après les faits. Dire qu'ils sont suffisants pour pourvoir à la sécurité de la société ne peut que signifier une ignorance de leur mode opérationnel, leur devoir, et leur rôle dans la prévention du crime.
- En déduire que les «civils» qui remplissent les critères de base (équilibre mental, casier judiciaire, et, à mon avis, un minimum de familiarité/principes de sécurité) d'obtention légale d'armes à feu pour l'autodéfense ne devraient pas obtenir ledit permis en reviendrait à leur dénier un principe fondamental des droits humains (l'autodéfense) dans une société où la violence constitue une menace intrinsèque.
- Les statistiques le prouvent de façon irrévocable, et les exemples relativement récents (Australie, Grande-Bretagne) sont là: retirer les armes de la main des civils conduit à une hausse directe du crime à main armée, de l'ordre de 40% et plus. Les localités/États US qui font partie du «shall-issue» (CCW: Concealed Carry Permit, ou permis de port d'arme cachée) ont vu leur taux de criminalité à main armée chuter de façon évidente.
- Cela dit, les crimes liés aux crimes organisés, aux gangs des rues, etc., ne baisseront que lorsque des solutions durables seront trouvées aux causes, et non aux symptômes.
- Les sociétés «armées» le prouvent: des armes avec les citoyens constituent un élément de dissuasion avéré, les éventuels malfrats préférant des victimes «soft» à celles qui peuvent répliquer de la sorte. Je citerais les exemples de la Suisse, d'Israël, et même du Liban, où la dégénération actuelle (parfois voulue et planifiée) tient plus de la couverture politique à certains groupes, bandes, et individus qu'à toute autre chose.
- Quant au problème des pays pauvres et instables, où les armes légères jouent un rôle prépondérant et néfaste, et bien que les machettes souvent remplacent les armes à feu (l'homme n'a jamais eu de problème d'alternatives pour tuer, du suicide au putsch), je n'ose pas espérer une solution proche. Celle-ci demanderait une politique mondiale et une structure opérationnelle sans faille: le crime organisé caché derrière le trafic d'armes constitue une sorte d'ordre mondial «à face cachée», opérant partout au monde, et très souvent servant les besoins des grandes puissances politiques.

