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Nos lecteurs ont la parole

I.- Le nouveau rôle qui attend la communauté chiite

Par Ali Hussein ABBAS
Il semble que la fin du tandem Ahmadinejad-Khamenei approche à pas de géant et qu'il est fort probable que tous les deux ne soient plus au pouvoir avant même cet hiver. Ahmadinejad a réussi à s'aliéner les USA en premier, l'Europe en second et récemment la Russie à travers son attaque personnelle contre Dmitri Medvedev. Khamenei par contre a élevé au rang d'ultime sacrilège toute désobéissance à ses diktats. Ce type de comportement est commun à tous les dictateurs en fin de règne car ils ne sentent plus qu'ils sont obéis et cherchent à affirmer leur autorité temporelle en faisant appel à Dieu. C'est pathétique !
De même, Hassan Nasrallah s'agite de menace en menace pour confirmer la théorie du tigre en papier. Bien que le Hezbollah ait pu augmenter son arsenal militaire, il souffre de la baisse du moral de son commandement et d'un manque de financement. Les informations indiquent qu'un pourcentage assez important de ses combattants n'a ni le moral ni le tonus pour combattre Israël. Peut être cherche-t-il entre-temps à confirmer son autre rôle d'épouvantail, intérieur cette fois, pour mener ses guerres. Il va peut-être finir par croire à son mythe en menant une guerre préventive intérieure en lieu et place d'une guerre contre Israël qu'il ne peut mener.
Les Syriens (ainsi que les Turcs) ont fait comprendre au Hezbollah, par l'intermédiaire de plusieurs de leurs porte-voix, qu'ils ne vont tolérer aucune action militaire contre le gouvernement libanais et encore moins une mainmise politique sur la décision. C'est vrai qu'ils furent leurs alliés, mais à la condition que cet allié serve leurs intérêts et que la grenouille ne se prenne pas pour un bœuf et menace les intérêts stratégiques syriens. Le Hezbollah n'aurait été qu'un outil qui aurait servi une trentaine d'années (1979-2010/2011) et qui, aujourd'hui, coûterait beaucoup plus cher qu'il n'en rapporte. Mais comme le « package deal » n'est pas encore finalisé, les Syriens, maîtres de l'atermoiement, vont faire cuire à feu très doux le plat politique qu'ils sont en train de mijoter. Dans ce package deal, qui se réalise par étapes et suivant des « milestones » très précises, figure le Liban, mais aussi l'Irak, l'avenir de l'Iran, la question palestinienne, la stabilité des frontières et la sécurité de toute la région.
Tous les indices concourent pour confirmer la probabilité d'un réchauffement de la situation au Liban, sans que, à mon humble avis, cela puisse déclencher une guerre civile. En effet, le sayyed n'est pas en mesure de mener une guerre civile car, d'une part, il sait fort bien les risques existentiels qu'il fait courir à sa communauté. Or c'est un fin calculateur et un homme rationnel (mais on ne sait jamais car l'erreur est humaine). D'autre part, il ne peut mener une guerre contre Israël vu la préparation militaire en Israël tant au niveau du moral des troupes que de la stratégie, de la gestion des opérations et des nouvelles technologies. Le sayyed a pour objectif à court terme de gagner le plus possible sur le terrain politique en utilisant sa puissance militaire comme moyen de pression sur ses adversaires politiques. En son for intérieur, il est conscient que la fenêtre se referme assez vite et qu'il risque de perdre son pari. Il a parfaitement capté, 5/5, les signaux syriens et a compris que la Syrie avait pris ses distances du Hezbollah, déjà depuis l'assassinat de Imad Moghniyé et même probablement avant cela. La Syrie, qui a l'art de bien savoir entretenir de bonnes relations avec des partenaires totalement antagonistes, a pris ses distances avec l'Iran et a choisi le camp saoudo-turc, pour des raisons à la fois géopolitiques et financières. Comme quoi la géographie est un facteur déterminant dans les choix politiques et économiques des États. En contrepartie, l'Arabie saoudite a reconnu un rôle syrien au Liban. L'équilibre interne est maintenu et toute la classe politique libanaise devra se ranger dans un seul et même camp (Hezbollah exclu), en jouant chacun la partition qui lui sera demandée en temps dû.
Il est notoire que les décisions stratégiques du Hezbollah sont prises par un cercle très étroit à Téhéran. Le commandement militaire des gardiens de la révolution, et plus spécifiquement al-Qods, sont les officiers exécutants, auprès du Hezbollah, de la stratégie du guide suprême. Téhéran a, depuis la décision de la fondation du Hezbollah en 1979 suite à l'arrivée de Khomeyni au pouvoir, compris l'importance du déploiement de la puissance néo-islamiste aux portes d'Israël et l'impact qu'elle pourrait en tirer tant au niveau du leadership musulman qu'au niveau des négociations avec les grandes puissances et la reconnaissance de l'Iran comme seule et unique puissance régionale. Les rêves de Darius et Cyrus sont toujours présents dans l'esprit de beaucoup d'Iraniens. Certains voient dans cette aspiration impériale une des causes de la chute du chah Mohammad Reza Pahlevi. La vraie menace « atomique » iranienne, ce sont ces vedettes ultrarapides qui sont basées le long de la côte iranienne et qui menacent de fermer le détroit d'Hormuz en cas d'attaque américaine ou israélienne. Cette parade est fortement dissuasive et obligerait les Américains à mener une attaque préventive massive contre les bases navales iraniennes et déclencherait un conflit de plus grande envergure avec les forces de l'OTAN. Dans un tel cas, la Turquie se verrait acculée à intervenir en tant que membre de l'Alliance atlantique.
Mais toute puissance politique repose nécessairement sur des piliers économiques solides et une technologie propre et avancée. Or aucun des facteurs cités ne figure dans l'équation iranienne. L'économie iranienne est chancelante, avec un taux d'inflation élevé, une partie non négligeable de la population vivant sous le seuil de pauvreté, alors que la technologie qui est achetée à des intermédiaires douteux a, suivant les dernières informations, été traficotée par les services israéliens et américains avant d'être livrée aux Iraniens. Pauvre peuple iranien, pour qui j'ai beaucoup de respect, d'estime et de compassion. C'est un grand peuple qui mériterait un bien meilleur gouvernement.

Ali Hussein ABBAS
Genève - Suisse
(À suivre)
Il semble que la fin du tandem Ahmadinejad-Khamenei approche à pas de géant et qu'il est fort probable que tous les deux ne soient plus au pouvoir avant même cet hiver. Ahmadinejad a réussi à s'aliéner les USA en premier, l'Europe en second et récemment la Russie à travers son attaque personnelle contre Dmitri Medvedev. Khamenei par contre a élevé au rang d'ultime sacrilège toute désobéissance à ses diktats. Ce type de comportement est commun à tous les dictateurs en fin de règne car ils ne sentent plus qu'ils sont obéis et cherchent à affirmer leur autorité temporelle en faisant appel à Dieu. C'est pathétique !De même, Hassan Nasrallah s'agite de menace en menace pour confirmer la...
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