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Cinema- - Entre Parenthèses

Voix off

Elles se sont endormies, toutes ces voix qui ont peuplé notre imaginaire et qui ont remué tellement d'émotions. Et pourtant, il semble les entendre encore en off. Que d'aiguës, de graves, de stridentes, de fluettes, de suaves, de chevrotantes, de fines, qui ont caractérisé des personnages depuis l'avènement du parlant à l'écran.
Si Greta Garbo a joué quatre ans dans les films muets et trois ans dans les films parlants, le public s'attendait un peu à ce qu'elle disparaisse avec ces derniers. Sa voix était exactement celle qu'on prévoyait : différente, profonde et gutturale. C'est avec Anna Christie en 1930 que la Divine réussit son passage à l'oral. Mais là où Garbo avait réussi, l'acteur Ivan Mosjoukine a échoué. Il n'aura pas plus de chance à Hollywood ou à Berlin. La fin de sa carrière et de sa vie sera triste. Plus tard, les voix à l'écran ont créé des caractères. Ainsi, qui peut oublier la voix de James Mason ? Tour à tour Gustave Flaubert dans Madame Bovary, le maréchal Rommel dans The Desert Fox et The Desert Rats ou Brutus dans Jules César, son ton calme et mesuré en fait une des voix les plus reconnaissables. Mais le comédien n'est pas le seul à se faire distinguer par le timbre de sa voix.
L'histoire commence dans un paysage aride rempli de fumées. Panoramique sur un Marlon Brando casqué qui appelle ses hommes. Ils avancent au son du tambour. Brando regarde si le champ est libre et il est touché d'une balle. En voix off, il raconte qu'il ne sent plus rien à partir de la taille (...) Signé Zinneman, C'étaient des hommes (The Men) n'est pas un film d'auteur, mais sa caractéristique principale est d'être en 1950 le tout premier film de Marlon Brando. « On ne peut pas rester insensible à la sensualité de la voix de Marlon Brando et à l'art de la respiration de James Mason, deux des acteurs les plus musicaux du cinéma américain, presque des chanteurs, dont les voix s'accordent entre elles comme par enchantement », dira un critique. Côté Hexagone, on pouvait citer plus de voix distinctives : la voix profonde et grave de Gabin, celle plus enjouée de Jean-Paul Belmondo, ou encore celle rythmée de Louis Jouvet et très charnelle de Jeanne Moreau.
Importante est la voix pour un acteur, qui aujourd'hui se cache parfois derrière cette intonation pour interpréter des rôles de dessins animés, mode de plus en plus courante.
Elles se sont endormies, toutes ces voix qui ont peuplé notre imaginaire et qui ont remué tellement d'émotions. Et pourtant, il semble les entendre encore en off. Que d'aiguës, de graves, de stridentes, de fluettes, de suaves, de chevrotantes, de fines, qui ont caractérisé des personnages depuis l'avènement du parlant à l'écran. Si Greta Garbo a joué quatre ans dans les films muets et trois ans dans les films parlants, le public s'attendait un peu à ce qu'elle disparaisse avec ces derniers. Sa voix était exactement celle qu'on prévoyait : différente, profonde et gutturale. C'est avec Anna Christie en 1930 que la Divine réussit son passage à l'oral. Mais là où Garbo avait réussi, l'acteur Ivan Mosjoukine...
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